Dans son mémorandum à la National Energy Commission, l’ONG MAUDESCO a fait plusieurs demandes dont, entre autres, une étude sur l’impact de l’utilisation du charbon sur la santé des personnes vivant aux alentours des centrales thermiques. « Une telle étude permettra de savoir si le charbon est en train d’affecter la santé des habitants et aussi quel est le nombre de personnes qui sont décédées jusqu’ici de problèmes respiratoires dans ces régions », a déclaré Rajen Awotar, porte-parole de cette ONG.
« Nous voulons qu’on oblige les Independent Power Producers (IPPs) à acheter du pulverized coal, au lieu de raw coal, qui contient moins de mercure et de CO2, de cesser d’épandre les cendres dans les champs avoisinants et de remplacer les équipements obsolètes avec ceux de dernière technologie de niveau européen », a déclaré M. Awotar. MAUDESCO demande des visites organisées chez les IPPs pour mieux comprendre leurs opérations, ainsi que des réunions de travail avec les petits planteurs sur la question de la bagasse et aussi avec les habitants qui vivent aux côtés des IPPs sur l’impact des émissions émanant des centrales thermiques sur leur santé. « Beaucoup de gens ne cessent de répéter que l’utilisation du charbon est mauvaise pour la santé humaine et qu’elle peut causer le cancer, des problèmes respiratoires, des maladies de la peau », déclare-t-il. Cette ONG demande que cette étude soit menée à FUEL et chez la Centrale Thermique du SUD (CTDS) qui sont entourés de nombreux villages, tels que St-Julien, St-Julien d’Hotman, Lallmatie, Bonne-Mère, l’Unité, Camp-de-Masque, Bon-Accueil, entre autres. MAUDESCO suggère aussi l’organisation de campagnes de sensibilisation, des activités d’autonomisation sur la question de l’énergie, l’économie d’énergie et le mode de vie durable ciblant particulièrement les jeunes et les femmes. S’agissant des énergies renouvelables, MAUDESCO réclame une étude des pays où celle-ci est la principale source d’énergie pour savoir si cette source donne satisfaction par rapport à la demande de ces pays, sans oublier le facteur des coûts.
Parlant du projet de centrale à charbon par CT Power, M. Awotar est d’avis qu’on fait croire à la population que l’on va utiliser le charbon pour produire de l’électricité pour la première fois. D’où la réaction qu’il qualifie « d’irrationnelle » par rapport au projet CT Power. « La population ne sait pas que l’Environment Impact Assessment (EIA) octroyé à CT Power compte 33 conditions très strictes, peut-être uniques au monde. De plus, CT Power est obligé d’utiliser la dernière technologie dans ses opérations contrairement aux centrales appartenant aux IPPs qui polluent, depuis des décennies, les régions où elles sont situées », soutient-il.
De manière globale, MAUDESCO s’interroge sur comment une petite île telle que Maurice et même tous les Petits Pays en Développement (SIDS) peut contribuer au changement climatique. « Ces pays sont plutôt des victimes du changement climatique. Donc, empêcher l’entrée de nouveaux joueurs sur le terrain est mauvais ? Ne favorise-t-on pas les cartels existants dans la production de l’énergie ? » s’interroge cette ONG. M. Awotar annonce, par ailleurs, une campagne de sensibilisation des populations vivant près des centrales thermiques afin de demander aux centrales existantes de remplacer leurs équipements par les mêmes que CT Power compte installer.