Le conseil municipal de Port Louis a honoré la mémoire du père Henri Souchon en lui dédiant un mémorial dans un quartier très animé de la capitale, à l’occasion du 1er anniversaire du décès de l’ancien curé de l’église Immaculée Conception. Samedi dernier, cela faisait exactement une année jour pour jour que ce prêtre catholique qui a exercé son service sacerdotal pendant plus de 40 ans dans cette paroisse est décédé.
C’est devant un parterre d’invités composé de parents du prêtre disparu, de religieux de toutes confessions confondues du pays, de membres du conseil municipal de la Cité, de fidèles et aussi de membres « Sans Base » envers qui le curé Henri Souchon avait une très grande affection, que la Lord-Maire Dorine Chukowry et l’Évêque de Port-Louis Mgr Maurice Piat ont procédé au dévoilement du mémorial, situé à l’angle des rues Jemmapes et Brown-Séquard, à l’arrière de l’église Immaculée Conception.
Dans son allocution, la Lord-Maire a rappelé les qualités du père Henri Souchon, qui était tour à tour homme religieux, combattant pour la justice, prêtre militant pour les causes auxquelles il croyait profondément, qui prenait des positions fermes et n’hésitait pas à mener des actions courageuses à travers des interviews accordées à la presse écrite et parlée et de ses nombreux articles publiés, pour dénoncer les problèmes de la société.
L’e père Souchon a beaucoup fait pour l’éducation, a souligné Dorine Chukowry. Même s’il avait pris sa retraite en 2011, il avait continué à oeuvrer pour l’éducation des enfants qui ont échoué aux examens du CPE.
Il a pris l’initiative de construire un Centre, l’Oasis de Paix à Pointe-aux-Sables. Un Centre que le prêtre a voulu mettre à la disposition des enfants recalés aux examens, et qui y trouvent une autre chance de poursuivre leur éducation.
« Il y avait de la compassion chez cet homme d’église, il a su se mettre aux services des pauvres et a créé le projet donner un repas aux sans-abri, ces personnes qui sont considérées des laissés pour compte de la société », devait ajouter Dorine Chukowry.
La Lord-Maire a aussi soutenu que le père Henri Souchon restera un exemple à suivre et que le dévoilement de la plaque du mémorial n’est qu’un geste symbolique et qui ne pourra jamais assez de décrire la dimension humaine de cet homme d’exception, qui de son vivant a jeté des bases pour le rapprochement des cultures et des religions à Maurice. Le curé trouvait toujours un moyen de célébrer les fêtes religieuses des autres confessions à l’intérieur de l’église Immaculée Conception.
Lors d’une courte intervention, Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis, a remercié le Conseil municipal de la Cité de la place choisie pour ériger un mémorial en l’honneur du père Henri Souchon dans un carrefour de Port-Louis, qui convient à la personnalité du curé de la paroisse du quartier.
Pour le chef de l’Église catholique, le père Souchon était un prêtre qui célébré des messes dominicales dans une église qui était toujours bondée et ses homélies interpellaient les paroissiens.
Il n’était pas un homme d’église à se laisser enfermer dans la sacristie. C’était un homme d’action, il a beaucoup oeuvré pour la liberté de la presse, il n’a pas hésité à participer à une marche dans les rues de Port-Louis, pour que la presse ne soit pas muselée.
Il était aussi un grand ami des jeunes, a fait remarquer Mgr Maurice Piat. Le père Souchon entraînait ces jeunes dans ses démarches auprès des personnes les plus démunies, il les invitait à rencontrer les « Tontons » à la Cure de l’église pour leur servir des repas et aussi à participer à ses rencontres et autres dialogues interreligieux.
Jacques Lafitte un musicien, auteur, compositeur qui a connu le curé Henri Souchon pendant de nombreuses années, a repris une chanson intitulée Les amis d’Henri à la fin des discours. Une chanson qu’il avait composée en hommage à l’homme d’Église en s’inspirant des textes de l’Évangile du Jugement dernier de Saint Mathieu.
Le père Henri Souchon a été fait Citoyen d’honneur de Port-Louis en 2001.