Un ancien caporal de police, âgé de 57 ans et habitant Plaine-des-Papayes, dit vivre dans la frayeur depuis ce début de semaine. En effet, ce père de famille comptant trente-quatre ans d’expérience dans la force policière aurait été menacé avec une arme à feu devant son domicile lundi après-midi par des proches de son frère. Après ces menaces et actes d’intimidations, ayant comme toile de fond un différend portant sur une affaire de terrain, le quinquagénaire dit craindre pour sa sécurité.
Selon la version des faits de l’ancien caporal, la relation avec son frère a commencé à se détériorer à la suite d’un important contentieux sur le partage d’un terrain sur lequel les deux ont construit leur maison à Plaine-des-Papayes. Dans un premier temps, dans le courant du mois de juillet, l’ancien caporal explique que l’épouse de son frère a consigné une déposition contre lui. À cette époque, le quinquagénaire faisait toujours partie de la force policière. Mais à cause de cette plainte contre sa personne, il soutient qu’il a dû mettre un terme à sa carrière.
« J’avais bien l’intention de poursuivre ma carrière professionnelle jusqu’à l’âge de 65 ans. Mais cette déposition consignée par la belle-soeur, faisant état de menaces de ma part à son encontre, a brutalement basculé ma vie. J’ai été obligé de partir prématurément à la retraite. Si j’avais insisté en restant au sein de la force policière, il y avait des risques que je sois suspendu de mes fonctions. Dans ce cas de figure, j’aurais dû me battre en cour afin de m’innocenter et réintégrer la force policière. Mais en cas d’échec, je risquais de tout perdre, y compris la somme d’argent qu’on perçoit au départ à la retraite », raconte cet ancien caporal.
Mais par la suite, la relation entre les membres de la famille de son frère et lui a continué à empirer. Les deux parties devaient multiplier les déclarations à la police ayant pour conséquence des séjours en cellule pour l’ancien caporal tout comme pour l’épouse de son frère. Les exercices de médiation initiés par la police en vue de ramener les deux familles à la raison se sont avérées vaines. Cette situation a également failli prendre une tournure dramatique lundi après-midi, lorsque l’ancien caporal a eu un revolver pointé sur lui.
« Il était aux alentours de 14 h 30. Je regagnais mon domicile. À un certain moment, j’ai eu l’impression que l’on me suivait mais je n’y ai pas prêté attention. Mais à quelques pas de chez moi, un 4×4 de couleur noire s’est arrêté derrière moi. La femme de mon frère et deux de ses proches en sont descendus en me menaçant : “Si to kontinie fatig mo ser mo pou touy twa.” Un des deux hommes a alors sorti un revolver », raconte-il. Au même moment, un membre de la famille de l’ancien caporal est arrivé et les individus sont alors remontés dans leur véhicule et ont quitté les lieux.
« En 34 ans de carrière dans la force policière, je n’ai jamais vécu une pareille expérience. Ce fut un moment vraiment traumatisant pour moi et les membres de ma famille. Même les voisins sont encore choqués par ce qui s’est passé lundi après-midi », a soutenu l’ancien policier, qui a consigné une déposition à cet effet. Selon le quinquagénaire, les enquêteurs ont même relevé sur les lieux une douille laissée par un des suspects. L’habitant de Plaine-des-Papayes affirme qu’il a été également victime de menaces par des inconnus quand il s’est rendu au poste de police pour identifier les suspects arrêtés dans cette affaire. « J’ai l’impression que ma vie est en danger », conclut ce père de famille.