Suite à la décision du Passport and Immigration Office d’annuler son visa d’étudiante après qu’elle ait été testée positive au VIH, l’étudiante camerounaise, par le biais de son homme de loi, Me Bery François, a déposé une motion jeudi en Cour suprême pour demander une révision judiciaire de cette décision. Le Parquet, représenté par Me Priya Chitoo, après avoir pris connaissance de l’affidavit, a informé la Cour hier qu’il allait résister à cette motion. Le Parquet devra présenter ses grounds of objection le 7 mai. Cependant, en attendant les débats, la jeune étudiante ne quittera pas le sol mauricien. L’affaire a été appelée hier après-midi devant le chef juge suppléant Eddy Balancy. Dans son affidavit, l’étudiante affirme qu’elle est arrivée à Maurice le 27 janvier dernier pour des études en Hospitality Management. Elle avait été autorisée à rester à Maurice car elle avait un visa d’étudiant provisoire de trois mois. Ses cours allaient se terminer en janvier 2016. Le 4 février, elle devait cependant effectuer un test sanguin pour apprendre le lendemain qu’elle est séropositive. C’est à partir de là, souligne-t-elle dans son affidavit, que sa vie est devenue un enfer.
Pour Nilen Vencadasmy, avocat et président de PILS, « Une bonne chose de faite, c’est qu’avec cette action légale entrée en cour, hier, Cynthia sera à Maurice jusqu’à ce que les choses légales démarrent le 7 mai prochain. Donc, elle n’est plus sous cette menace imminente qui pesait sur ses épaules constamment depuis plusieurs mois. » Cependant, nuance Me Vencadasmy, « c’est triste et regrettable pour un pays comme Maurice de devoir en arriver là ! Nous attendons depuis des semaines, une prise de conscience, ou un signal positif des autorités locales, mais en vain ! » D’où l’action légale entrée en cour, hier, vendredi 24. « C’est vraiment le tout dernier recours… Souhaitons, maintenant, que le gouvernement ait un sursaut d’orgueil et finisse par réagir ! »
Autrement, poursuit le Président de PILS, « nous allons continuer à maintenir la pression sur les agences de l’état susceptibles de déclencher les choses dans ce cas précis, tout en continuant à attirer l’attention de tout un chacun sur la nécessité de revoir l’Immigration Act ». De même, « les plaidoyers auprès de nos partenaires internationaux et régionaux vont continuer. Nous devons alerter le maximum d’Ongs possibles et attirer l’attention sur cette situation. »
PILS souhaite, dans la foulée, « remercier Pooja Bisnauthsing de l’Ong SPEAK et leurs efforts soutenus, ainsi que les légistes Burty François et Robin Mardemootoo pour leur soutien dans cette affaire. »