Le gouvernement MSM/ML court le risque de subir un nouvel accroc à deux semaines de la rentrée parlementaire. En effet, le sort de Showkutally Soodhun est en train d’être décidé par le bureau du Directeur des Poursuites publiques suite à l’enquête policière sur les menaces qu’il avait proférées à l’encontre du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien tendent à confirmer qu’une décision à ce sujet serait en gestation en ce qui concerne la formulation de la charge qui serait retenue contre le Front Bencher du MSM. Si dans un premier temps les Casernes centrales avaient fait parvenir un dossier non satisfaisant au bureau du Directeur des poursuites publiques, Satyajit Boolell, il s’avère que le deuxième rapport ouvre la voie à une potentielle inculpation du vice-Premier ministre et ministre des Terres et du logement.
Showkutally Soodhun pourrait être formellement inculpé sous l’article 156 du Code pénal, soit « Outrage against depository of public authority », vu que Xavier-Luc Duval occupe le poste constitutionnel de leader de l’opposition. Cette charge est passible d’une peine d’emprisonnement de cinq ans. Dans l’entourage du VPM, on indique qu’il tenterait de se dédouaner de ce délit en s’appuyant sur le fait qu’il aurait personnellement rencontré Xavier-Luc Duval après le discours controversé prononcé à Flacq. Une rencontre qui, selon sa ligne de défense, démontrerait qu’il ne représente aucune menace pour le leader du Parti mauricien social-démocrate et que ce n’était qu’une erreur de n’avoir pas bien tenu sa langue.
Un tel scénario, selon les bruits qui courent, est fortement appréhendé du côté de l’Hotel du gouvernement en cette période de bouclage des préparatifs en vue de la rentrée du 24 octobre, surtout après la perte de Ravi Yerrigadoo intervenue durant les vacances parlementaires, qui a dû se retirer de son poste d’Attorney General après l’opération dhobi de klas. Si au niveau de la police de Mario Nobin on ne s’aventure pas à communiquer sur cette affaire ayant forcé le VPM Soodhun à jouer profil bas, au niveau du parquet on n’écarterait pas l’option d’une inculpation du président du MSM, qui résultera de facto en une nouvelle secousse politique pour l’équipe au pouvoir.
Lors de son passage dans les locaux de l’Information and Technology Unit du Central CID, le président du MSM avait été confronté à des allégations d’outrage dans l’affaire des menaces de mort proférées contre le leader de l’opposition. La police avait montré au N° 4 du gouvernement un clip où il prend la parole lors d’une Eid Party à Flacq le 18 juillet dernier et où il déclare, entre autres, « si kouma dir mo bodyguard ti donn moi revolver, mo touy Xavier-Luc Duval dan parlman… mo touy li dan parlman… apre sa mem ki apel djihad ».
Le leader de l’opposition consigné deux dépositions contre le N° 4 du gouvernement dans le sillage de cette enquête, la dernière remontant au 4 septembre. L’échiquier politique reste néanmoins sur le qui-vive vu qu’une inculpation de Showkutally Soodhun risquerait de chambouler l’agenda du Sun Trust et celui du gouvernement MSM/ML.