Ce courtier foncier et agent politique, proche du pouvoir, opérant dans le Nord de l’île, dont la réputation dépasse les rivages de Maurice, se retrouve dans de beaux draps depuis quelque temps déjà. Mais depuis la fin de la semaine, une déposition formelle a été consignée contre lui par une des victimes des transactions foncières engagées mais qui ne se sont jamais matérialisées. Le montant en question serait de l’ordre de Rs 100 millions avec un chèque de 3,8 millions de dollars émis par cet agent foncier refusé par une banque à Singapour. La victime, qui est accompagnée de son homme de loi, devra compléter sa déposition en début de semaine prochaine avant que le Central CID ne passe à l’action.
Les premiers détails de cette transaction foncière, qui devrait intéresser non seulement le Central CID mais aussi la Financial Intelligence Unit, l’Independent Commission Against Corruption et également la Banque de Maurice, sont aussi accablants que le fond de cette affaire. Le problème a éclaté au grand jour il y a quelques semaines quand la victime a rapporté un cas de menaces et de chantage avec l’aide de gros bras très connus dans le Nord sous les ordres de cet agent.
La victime voulait récupérer les fonds qu’il avait avancés au courtier en vue de l’achat d’un terrain en Inde. Il a indiqué à la police qu’il avait remis une importante somme d’argent à cet intermédiaire. En retour, il s’était retrouvé en possession d’un contrat de vente de terrain en Inde n’ayant aucune valeur.
Face à l’insistance de la victime, l’agent devait lui remettre un chèque de 3,8 millions de dollars à être négocié au comptoir d’une banque commerciale à Singapour. La victime, qui a débarqué dans cette banque, n’a pu encaisser le chèque, pas parce qu’il n’y avait pas de fonds sur ce compte, mais parce que la signature sur le chèque n’était pas conforme à celle déposée à la banque. Devant cette double déception, la victime a fini par se décider à porter plainte au Central CID avec une copie du chèque de 3,8 millions de dollars versé dans le dossier à charge.
Des développements sont à prévoir dans cette enquête avec selon toute probabilité l’interrogatoire de cet agent politique, qui a déjà eu maille avec des autorités en Europe au sujet de transferts de fonds. Au Central CID, aucune des sources interrogées n’a voulu apporter de précisions sur cette affaire, qui devrait intéresser plus d’un, vu les ramifications.