Ish Sookun, libéré sous caution hier après avoir passé dix jours en détention dans le sillage de l’enquête sur un courriel contenant des menaces d’attentats terroristes dans plusieurs endroits stratégiques de Port-Louis, compte riposter après ces jours « éprouvants » qu’il « n’oubliera jamais ». L’informaticien, qui compte réclamer des dommages aux enquêteurs du CCID, demande à la police de publier les preuves contre lui, tout en déplorant la façon d’agir de celle-ci et les conditions difficiles de sa détention ces derniers jours.
Désormais en liberté conditionnelle, Ish Sookun ne compte pas rester les bras croisés. Quelques heures après l’annonce de sa libération à la Bail and Remand Court, il a tenu une conférence de presse à Astor court, en compagnie de ses hommes de loi, Mes Sanjeev Teeluckdharry et Erickson Mooneeapillay. Ish Sookun, dès le départ, a décrié la manière dont la police a agi envers lui. « Zot rant kot mwa avek Research Warrant me san montre mwa bann detay ki ena ladan », dit-il, avant d’ajouter que les policiers lui avaient déclaré qu’ils effectuaient une fouille à son domicile « par rapor a ou bann aktivite ». Ish Sookun indique que 23 appareils ont été saisis ce jour-là, même les ordinateurs portables utilisés par sa mère et son frère. Le jeune homme n’a pas manqué de faire part des conditions déplorables auxquelles il a dû faire face, lorsqu’il était en détention pendant ces dix jours. « Si zot ti panse ena kiksoz kont mwa o moman zot detenir mwa zot ti bizin koumans kestionn mwa », martèle-t-il, rappelant que pendant ces dix jours de détention il n’a donné aucun statement. « Montrez-moi une preuve provenant d’un des appareils saisis à mon domicile. Que la police publie les preuves contre moi. Ziska zordi pann dir kisannla inn kree kont email la », soutient-il. Il compte ainsi retenir les services d’un avoué pour réclamer des dommages aux enquêteurs du CCID. « Je n’ai jamais quitté le pays. Mon passeport est encore vierge. Comment aurais-je pu suivre une formation pour devenir terroriste », soutient-il.
Pour sa part, Me Mooneeapillay a soutenu que les officiers du CCID concernés devront « rendre des comptes en cour ». Il ajoute qu’il n’y a pas à se réjouir car il y a eu « injustice flagrante ». Me Sanjeev Teeluckdharry a quant à lui soutenu qu’il n’y a aucune preuve connectée directement ou indirectement à son client et que la police aurait dû sévir « when they have reasonable suspicion to do so ».