Selon les premiers résultats du National Environmental Laboratory, la mort de milliers de poissons à Mer-Rouge en juin 2012 aurait été causée par des bactéries d’origine fécale présentes dans l’eau. Voulant faire la lumière sur cette affaire, le Syndicat des Pêcheurs de Maurice a fait appel à Chemco Laboratory Services pour une contre-analyse. Celle-ci révèle que c’est la pollution industrielle qui en serait responsable.
Le rapport de la firme privée Chemco Laboratory Services (CLS) sur la mort de milliers de poissons à Mer-Rouge en juin 2012 apporte un autre son de cloche et semble confirmer les craintes des pêcheurs. Ces poissons découverts sur la plage de Roche-Bois à proximité du Sanctuaire d’oiseaux de Terre-Rouge auraient ainsi été tués par des produits chimiques présents dans l’eau.
Selon les analyses de CLS qui ont pris fin en juillet 2012, les activités industrielles seraient à l’origine de cette situation. Comparant ces données à celles du National Environmental Laboratory (NEL) du ministère de l’Environnement qui parlent de la présence de bactéries d’origine fécale, le Syndicat des Pêcheurs de Maurice (SPM) dit ne pas comprendre cette contradiction.
Le rapport du NEL, soumis le 15 avril au ministère de la Pêche, avance en effet : « The contamination could be from various sources, such as agricultural activities, domestic wastes, faulty septic tanks and animal rearing activities. » Pour le SPM, cet argument a été formulé en vue de protéger certains industriels de la région afin qu’ils puissent poursuivre leurs activités. « C’est une tentative de cover-up », avance son président Judex Rampaul.
Ce rapport du NEL qui soutient que la présence d’excréments de porcs pourrait être à l’origine de la pollution ayant tué des milliers de poissons à Mer-Rouge sera contestée en cour par le SPM. Pour le syndicat, le directeur de la Pêche Daroomalingum Mauree et le ministre de tutelle Nicolas Von-Mally auraient failli à leur tâche. Le SPM réclame ainsi leur démission et lance un appel au gouvernement en vue de faire la lumière sur cette affaire.
La thèse soutenant la présence de coliforme, une bactérie d’origine fécale qui se trouve généralement dans les eaux usées et le sol, est inacceptable, ajoute Judex Rampaul. « Les éleveurs de porc sont installés à Saint Martin depuis 2010. Comment le ministère peut-il avancer une pareille hypothèse ? », se demande le président du SPM.
Du côté du ministère de l’Environnement, l’on explique que l’existence de coliformes se trouve dans l’eau. Leur présence ajoute dans l’eau un excédent de matière organique, ce qui prive les animaux et plantes marines d’oxygène. Le SPM pointe ainsi du doigt le « laxisme » du ministère de la Pêche et le « superflu » du rapport de l’Environnement.