Cela fait plus de cinquante ans que Mercia Jean-Louis est fleuriste. Avant tout une passion, ce métier à faire des arrangements floraux lui laisse rarement du répit. “C’est un travail qui m’a apporté que du bonheur et où j’ai vécu énormément de moments inoubliables. Il est certes stressant, surtout que les gens attendent beaucoup de nous, mais c’est un domaine qui nous apprend à nous surpasser et à toujours être créatifs.”

Depuis la retraite, cette habitante de Résidence Mangalkhan peut compter sur l’aide de son époux pour continuer à exercer à domicile et répondre à de nombreuses commandes. Comme actuellement pour les confirmations, qui enchaîneront très prochainement sur les premières communions, sans compter les mariages et les anniversaires. Même quand elle rend visite à ses deux enfants établis en Australie, “je me retrouve à faire des bouquets”.

Lorsqu’elle n’est pas parmi les fleurs “à être à l’affût des nouvelles tendances”, Mercia Jean-Louis, 64 ans, consacre une bonne partie de son temps au sein de son quartier à faire du travail social. “J’ai eu la chance d’avoir été bien entourée et d’avoir hérité des bonnes valeurs de mes parents. Si on est heureux dans la vie, il faut pouvoir en faire bénéficier d’autres autour de nous. Je trouve dommage que les gens pensent que ça ne sert pas à grand-chose de faire du bénévolat. Au contraire, on apprend beaucoup sur soi-même. Il suffit parfois d’un sourire, d’une oreille attentive ou de quelques mots pour réconforter quelqu’un.” Un peu comme l’hortensia, sa fleur favorite, Mercia Jean-Louis trouve qu’il est important d’apporter de la couleur dans la vie des autres.

Son métier de fleuriste, qui lui a permis de trouver le juste équilibre entre sa vie familiale et son travail, l’a gardée en contact avec les gens, “dans leurs moments de joie ou de tristesse”.

La boîte à questions

Notre invitée a plongé sa main dans notre boîte à questions. Et le hasard lui a imposé ce qui suit.

À quelle occasion sortez-vous le champagne ?

Lors de mon anniversaire de mariage. Cela fait quarante-deux ans que je suis mariée. Chaque année est pour moi une occasion de célébrer cette vie heureuse et comblée que j’ai eue auprès de mon époux. Il y a aussi d’autres moments en famille, avec mes enfants qui vivent en Australie, où il m’arrive de sortir le champagne.

Aimeriez-vous être membre du Parlement ?

Il m’arrive de suivre les débats à la télévision. Mais je ne m’imagine pas être un membre du Parlement. Je suis déjà très engagée au sein de mon quartier et je préfère de loin faire du travail social que de perdre mon temps à faire le show ou me bagarrer en direct. Les membres du Parlement auraient dû être plus souvent sur le terrain pour mieux connaître les besoins de la population.

Comment définirez-vous votre pays ?

Nous avons la chance de vivre sur une belle île. Avec un climat plus ou moins agréable, de belles plages et beaucoup de richesses naturelles. Cependant, je me sens inquiète en ce qui concerne la stabilité entre les différentes communautés. Avant, tout le monde savait vivre ensemble; aujourd’hui, cela est fragile et instable.

À quelle vedette de la chanson entamerez-vous un duo ? Et pour chanter quoi ?

J’ai toujours eu un faible pour Herbert Léonard. C’est un artiste tendre, avec des chansons sentimentales et romantiques. Si j’avais l’occasion de partager un duo avec lui, j’essayerais d’interpréter bien plus qu’un seul morceau.

Confiez-nous votre plus grand secret ?

Je n’ai pas vraiment de secret dans la vie. En tant normal, je me tourne souvent vers mes sœurs si je sens le besoin de parler ou de raconter quelque chose. Nous sommes à sept sœurs, dont une est religieuse. Je considère cette dernière comme une confidente.

Si vous deviez changer un trait de votre personnalité, lequel serait-il ?

Mes proches me disent souvent que je suis peu un peu trop franche et directe. Si quelque chose me dérange, je le dis. J’avoue que cela peut blesser ou ne pas plaire à la personne. J’aimerais bien changer ma façon et ma manière de m’exprimer.

Qu’offrirez-vous au Premier ministre s’il vient chez vous à l’heure du dîner et de quoi lui parlerez-vous ?

Même si c’est le Premier ministre, il mangera ce que j’ai prévu pour le dîner. Le plus important est qu’il se sente à l’aise et qu’il soit bien reçu, comme je le fais avec tous mes proches et amis. Je profiterai d’abord de cette rencontre pour mieux le connaître. Avant son départ, je n’hésiterai pas à lui dire qu’il est urgent de mettre en place des mesures et des solutions pour les jeunes de notre pays. La drogue et d’autres fléaux font des ravages, détruisent leur avenir et brisent les familles.

Si on vous donne la possibilité de vivre une journée dans la peau d’une autre personne, qui choisirez-vous et pourquoi ?

Personne ne pourra remplacer Lady Diana. Elle avait un cœur en or. Malgré son titre et sa belle vie de princesse, elle n’a jamais hésité à être au chevet des malades, des plus démunis et à donner de son temps pour les autres. Elle m’inspire beaucoup. Je trouve cela humble d’aider les gens autour de soi.

Que direz-vous à Dieu quand vous le verrez ?

Un grand merci pour les bonnes grâces et la vie que j’ai eue sur Terre. Rien n’est jamais parfait. Mais malgré tout, j’ai toujours été heureuse, bien entourée d’un mari formidable et de deux enfants. Le plus important est que je sois en bonne santé et que je puisse travailler.

Quel est le plus beau compliment que l’on puisse vous faire ? Et le pire ?

Je suis à l’écoute des autres et suis prête à aider. Je ne peux pas rester insensible face à quelqu’un qui souffre ou qui passe par des moments durs. C’est dans les petites actions au quotidien que l’on peut changer les choses. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Il faut savoir aider les autres en espérant qu’un jour quelqu’un sera aussi là pour vous.