Le Dornier de la National Coast Guard (NCG), qui patrouillait à 10 milles nautiques de Maurice et avait le pilote Gopinath aux commandes, a été contraint d’effectuer un atterrissage en catastrophe. La cause: un de ses deux moteurs est tombé en panne. Du coup, un vol d’Air France, en approche d’atterrissage, a été contraint de survoler Flic en Flac pendant un bon quart d’heure.
Selon les recoupements effectués par Week-End dans les milieux proches du mouvement aérien à l’aéroport, cette situation inattendue aussi bien qu’effrayante a donné le tournis à presque tous les chefs de départements qui se sont mobilisés pour superviser cet état de choses alors qualifié d' »extrême urgence ».
L’avion, qui avait à son bord quatre occupants, survolait les eaux territoriales mauriciennes pour une patrouille lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté. Devant l’urgence de la situation, l’appareil de la NCG ne pouvait pas revenir à l’aéroport puisque l’atterissage d’un Airbus prévu à cet instant l’aurait rendu impossible. Craignant que l’autre moteur ne lâche, les officiers de la tour de contrôle ont jugé préférable de demader au pilote de l’Airbus d’Air France de patienter en survolant la côte ouest de Maurice, en l’occurence la plage de Flic en Flac.
L’attente, qui aura duré une quinzaine de minutes, n’a pas manqué d’agacer le pilote qui marmonnait que cette contrainte aussi inattendue qu’inopinée lui causait des pertes de carburant. Au sol, des dispositions d’atterrissage d’urgence devaient être rapidement prises. L’escouade des pompiers de l’aéroport de Plaisance devait être tenue en alerte maximale, de façon à pouvoir intervenir à tout instant.
Entre-temps, le Dornier devait recevoir des instructions formelles pour une « approche à vue », avec pour principale recommandation d’éviter de survoler le territoire comme à l’accoutumée, via Grand-Baie et Flic en Flac. Les instructions reçues étaient telles que l’avion de la NCG devait plutôt longer la côte Est du pays avant de rallier l’aéroport de Plaisance, au cas où un atterrissage de fortune s’avérait nécessaire.
En dépit de l’extrême gravité de la situation, le Dornier a pu atterrir sans anicroches sur la piste 14, une demi-heure après avoir alerté la tour de contrôle des avaries subies par un de ses moteurs. Certains ont laissé alors échapper un ouf de soulagement, tandis que d’autres ne manquaient pas de saluer la bravoure et le sang-froid du pilote Gopinath, qui a réussi une manoeuvre compliquée par la perte d’un des moteurs de son appareil.
Week-End a tenté en vain d’obtenir une déclaration officielle de cet incident auprès d’Anand Gungah, le directeur des Opérations. Celui-ci n’était pas « disponible » en dépit de nos multiples sollicitations. Néanmoins, cet incident, qui a donné des sueurs froides aux offciers en poste à Plaisance, cet après-midi-là, a fait les choux gras de maintes conversations au niveau du personnel de l’aéroport pendant toute la semaine. Cependant, ceux dans le secret des dieux se gardent d’en trop dire, par peur de représailles que la fuite d’une information aussi sensible puisse occasionner.
Du côté de la NCG, cependant, l’on faisait ressortir, en fin de semaine, que les pilotes du Dornier et du Defender sont formés pour faire face à une telle situation: « Les pilotes de la NCG sont adéquatement formés et appelés à faire face à ce genre de situation. Cela fait partie de leur entraînement. Ces pilotes sont doués et préparés en conséquence. »
D’autre part, il est à noter que le moteur d’un airbus A 340 en provenance de Munich a, durant la même semaine, eu de petits soucis à son approche de Maurice. Le pilote de l’appareil a alerté la tour de contrôle à l’effet qu’un de ses quatre moteurs était subitement tombé en panne. En dépit de cette défection, l’atterrissage de l’Airbus n’a posé aucune difficulté et n’a pas suscité autant de frayeurs que celui du Dornier…