L’auteur de ces lignes a passé plus de deux heures jeudi dans les locaux de la CCID aux Casernes Centrales. Cela, suite à une déposition consignée par Paul Foo Kune, accompagné de son homme de loi Yash Badhin, contre le responsable du service des sports de Week-End. Les enquêteurs de la CCID  voulaient savoir si nous avons agi de bonne foi dans nos écrits. Après un peu plus de deux heures d’interrogations, le CCID n’a rien trouvé comme charge et l’auteur de ces lignes a donc quitté les locaux du CCID sans anicroche.
Cette nouvelle tentative d’intimidation ne marchera pas et n’en déplaise à certains nouveaux «terroristes du web et des réseaux sociaux», nous continuerons à faire ce que notre devoir de journaliste  exige de nous: faire l’information. C’est un secret de polichinelle que dans le monde entier, les journalistes sont souvent persécutés, torturés et même tués que ce soit pour leurs écrits ou pour leurs dessins.
Dire la vérité à nos lecteurs
Pas plus tard que mercredi dernier l’image de nos confrères de «Charlie Hebdo», froidement abattus sur leur lieu de travail témoigne dans une très large mesure à quel point un crayon ou une plume  peut provoquer chez certains pense- petit la folie meurtrière. Face à la barbarie, nos confrères de Charlie Hebdo ont décidé de continuer. Nous ne pouvons que saluer cette décision. Ainsi rien, absolument rien, ne nous empêchera de faire notre travail et  Paul Foo Kune peut toujours courir et prendre autant d’avance qu’il veut, s’il pense pouvoir nous arrêter à dire la vérité à nos lecteurs.  
Le Stable Manager de l’écurie qui porte son nom dira tout ce qu’il veut, mais s’il y a quelqu’un à qui il doit s’en prendre, c’est bel et bien à lui même. Petit à petit, grâce à ses qualités ou… défauts qui lui sont propres, il s’est taillé une solide réputation dans le monde hippique et des paris.
Affaire Main Beauty
Ce n’est certainement pas Week-End qui a donné naissance à l’affaire Main Beauty. Vous ne savez pas ce qu’est l’affaire Main Beauty? Voilà les faits: concoctant avec le jockey Sud-Africain, Eric Chelin (sous contrat avec l’entraîneur Serge Henry)  il avait à l’époque des faits vendu les chances du coursier Main Beauty «cerf volant». Toutefois, le cheval ayant gagné à son grand désarroi, il a voulu récupéré son argent auprès du jockey concerné en faisant pression sur Philippe Henry, qui avait entre-temps engagé le Sud-Africain.
L’affaire Shan Ip
Paul Foo Kune croyait pouvoir faire plier tant Eric Chelin que Philippe Henry. Mais il s’était grossièrement trompé dans son analyse. Au fait, il s’était lui-même livré mains et pieds liés au board des Commissaires Administratifs, qui après enquête l’avait disqualifié pour cinq ans. L’on se souviendra aussi qu’à cette époque, il n’avait pas eu le courage de se présenter devant le board des Commissaires, composé alors d’hommes capables, compétents et intègres.
S’en suit alors  l’affaire Shan Ip. Paul Foo Kune débarqua dans les locaux de  Le Mauricien, rue St-Georges à Port-Louis, en pleine élaboration de l’édition du Turf Magazine.Il prit son revolver de sa poche  le mit sur la table d’un journaliste et demanda à voir Shan Ip, alors responsable de service-sports à Week-End.Cet acte fut pris par Week-End comme une intimidation, une menace. Suite à une déposition faite à la police, Paul Foo Kune fut arrêté. Mais au lieu d’être mis en cellule policière, il se fit admettre à la City Clinic, sous prétexte qu’il était malade. Cette affaire n’a jamais eu de suite pour la simple et bonne raison que l’enquête fut bâclée pour des raisons que nous ignorons. Pour notre part, nous pouvons affirmer avec certitude que le principal concerné, notamment celui que Paul Foo Kune était venu chercher dans les locaux de Le Mauricien, n’a jamais été interrogé par la police.
Ayant déjà établi son réseau dans le monde hippique, Paul Foo Kune devait tout doucement refaire son apparition après avoir purgé sa disqualification. Il fit d’abord son entrée à la défunte écurie Guy Fok avec des chevaux, qui ne couraient pas cependant sous son nom. Sans tambour ni trompette, son nom devait être par la suite officialisé comme propriétaire et en 2011 alors qu’on parlait de lui comme le principal propriétaire de la défunte écurie Kush Ramdour, il se retrouva soudainement propulser au-devant de la scène comme Stable Manager de sa propre écurie.
Tour de magie, coup d’état, appelez ça comme vous voulez, mais c’est une évidence qu’il avait bénéficié d’un sacré coup de main pour retourner la situation en sa faveur, laissant sur le carreau un Kush Ramdour, qui n’en revenait pas. Ce sont encore les faits et Week-End n’a rien fabriqué ou monté de toutes pièces. Kush Ramdour peut en témoigner.  Se sentant au mieux de sa forme grâce à la nouvelle composition du board des Commissaires Administratifs, Paul Foo Kune devait alors tout réussir au Champ de Mars. Les exemples ne manquent pas et les énumérer nous prendrait des pages et des pages, mais disons que le plus gros scandale a été l’affaire Gemmayze Street, coupable d’une course suicide pour faire perdre le grand favori Albert Mooney.
Le jockey Fausto Durso avait été lourdement sanctionné ainsi que l’entraîneur, Budheswar Gujadhur. Si ce dernier a fait appel tout en bénéficiant d’une injonction de la cour en sa faveur, le jockey Fausto Durso s’est, par contre, volatilisé grace à un vol  au nez et à la barbe des autorités douanières quelques minutes seulement après avoir réglé ses taxes auprès de la Mauritius Revenue Authority (MRA) à une heure où les caisses n’auraient pas dû être ouvertes.
Aucun engagement pour 2015?
Qui est cette main invisible qui a facilité le départ en catimini de Fausto Durso? Qui plus est dans cette affaire, il y a eu tout un malentendu autour de la manière dont  cette sanction a été prise? Alors que les Administrateurs et les turfistes pensaient que Fausto Durso avaient écopé d’une suspension ferme et nette, le Chairman des Stipes, Ian Paterson (encore lui)  disaient que la sanction telle qu’elle était libellée autorisait Fausto Durso à monter à l’entraînement et en compétition, sauf… les jours où il y avait les courses à Maurice, c’est-à-dire les…samedis. Aux dernières nouvelles le jockey brésilien exerce sans crainte ses “talents» en Corée du Sud.
Ajouter à l’affaire Fausto Durso, l’écurie Paul Foo Kune a fait parler d’elle lorsque son jockey attitré, Derreck David s’est vu au centre de plusieurs prises de bec. Notamment avec le jockey champion, le Français Cédric Ségeon, l’Australien Noel Callow et l’assistant entraîneur de l’écurie Rousset Soodesh Seesurrun. Il y a  aussi dans cette liste des affaires de suspensions de Benedict Woodworth, Dinesh Sooful, Vijayanand Bundhoo et autres, tous évoluant sous les couleurs de Paul Foo Kune.
Ce dernier est une telle source de problème que le board des Administrateurs du Mauritius Turf Club — en l’absence de Gilbert Merven , il faut le préciser — fut contraint de dire à Paul Foo Kune de ne prendre aucun engagement pour la saison 2015. Ses faits et gestes durant ces dernières saisons ont un tel effet sur l’image des courses que le gouvernement a été contraint d’instituer une Commission d’Enquête sur l’industrie hippique. Il a tellement joué au plus malin et au plus fin avec ses doublures ou ses triplés avec des tactiques insensées que le gouvernement a aujourd’hui interdit qu’une écurie a plus de deux partants  dans une course et qu’une course ne peut être courue avec moins de six partants.
Affaire le Gambling Gate
Mais Paul Foo Kune n’a pas fait parler de lui que dans le domaine hippique. Il a également fait la une de l’actualité dans le monde des affaires, notamment avec son bras de fer qui l’oppose à Michel Lee Shim, autrefois son bras droit et qui l’a aidé à lancer le ‘betting online’ avec la compagnie Bet On Line. C’est par lui que le ‘Gambling Gate’ a vu le jour. Une démarche qui avait pour but d’en finir avec Michel Lee Shim et sa compagnie Sports Data Feed Lted (SDFL) et qui dans son sillage a éclaboussé également le judiciaire à la suite des arrestations des secrétaires des juges. Sur les conseils du chef juge d’alors, il est allé à la police avec des emails qu’il disait avoir obtenu par courrier.
Dans le cadre de cette affaire, plusieurs personnes avaient été arrêtées et placées en détention.  Mais une à une,elles sont en train d’être blanchies par la justice. Le dernier en date a été Krishnadatt Jory, l’ancien secrétaire du juge Abdurrafeek Hamuth. Avant lui, il y a eu l’avocat Noor E Shad Hussenee, Roshan Rajroop et Mahendranath Dindoyal. Jugés par de différents magistrats, ils ont tous été acquittés. Une flotte de «non lieu» qui doit nous interpeller d’autant qu’après enquête, les autorités internationales ont confirmé que le “mail box” de l’homme d’affaire basé à Londres, Michel Lee Shim, avait effectivement été piraté. Il serait intéressant de savoir ce que feront les autorités policières après que toutes ces affaires ont été rayées? A moins que Paul Foo Kune ne s’en sorte comme dans l’affaire des voitures importées des «returning residents» où il a connu un traitement tout à fait différent de l’homme d’affaire, Thierry Lagesse, qui lui, avait été placé en cellule policière. Souvenez vous la presse avait parlé de disparition de voiture ou encore des papiers manquants, mais ‘at the end of the day’, l’homme s’en est sorti blanc comme neige.
C’est pour vous dire que Paul Foo Kune connaît bien les rouages sinon comment expliquer qu’il a été reçu au CCID, lundi et qu’à peine quelques heures après, l’auteur de cet article a été convoqué aux Casernes Centrales. L’on serait tenté de dire plus ça change, plus c’est la même chose .
Du reste nous n’écartons  pour une nouvelle convocation aux Casernes Centrales suite à ces écrits…