Les prix déjà en hausse des légumes sont appelés à augmenter davantage dans les semaines à venir suivant les dégâts conséquents aux cultures vivrières occasionnés par les pluies abondantes de ces derniers jours. Selon les estimations et moyennant des conditions optimales, un début de retour à la normale n’est pas prévu avant fin mars / début avril prochain. Ce qui n’est pas évident pour le public consommateur.
À Port-Louis, au Marché central, vendredi après-midi, là où les prix sont généralement considérés les plus concurrentiels de l’île, la mercuriale des légumes n’avait pas encore tout à fait atteint des niveaux inaccessibles à l’ensemble des consommateurs. Même si le concombre se négociait toujours à Rs 15 / Rs 20 l’unité, le patolle à Rs 20 le demi-kilo, le giraumon à Rs 30, la carotte à Rs 25 / Rs 30 et le chou à Rs 30 / Rs 40, les prix de vente au détail d’autres cultures vivrières avaient déjà prix l’ascenseur.
À titre d’exemple, la pomme d’amour de premier choix était mise en vente à pas moins de Rs 70 le demi-kilo alors que le pâtisson s’affichait, lui, à Rs 75 l’unité. En règle générale, suivant les pluies torrentielles de ces derniers jours, les prix de vente des produits exposés représentent au moins le double de ceux auxquels ils étaient affichés il y a une ou deux semaines. Ce qui laisse présager des hausses encore plus conséquentes durant les semaines ou les jours à venir quand les dernières récoltes « sauvées » de justesse des pluies abondantes auront été écoulées.
Outre le fait que les prix suivent une tendance nettement à la hausse, ces jours-ci, les étals des marchés ne sont pas particulièrement achalandés avec nombre de produits abîmés et rabougris. Une situation pénible pour le public consommateur en cette période de jeûne menant, d’une part, à la fête Maha Shivaratree prévue le 7 mars et, de l’autre, à la fête de Pâques devant être célébrée le 27 mars. Des temps forts de prière durant lesquels les fidèles consomment davantage de légumes.
Oignon et pomme de terre en baisse
Si après d’aussi importants dégâts dans les cultures, certains produits devraient normalement être de nouveau disponibles en quantité suffisante et à des prix bien plus abordables dans environ six semaines, d’autres comme le chou, la carotte ou le chou-fleur prendront davantage de temps avant d’être prêts à la récolte. C’est ainsi que, déjà, dans des grandes surfaces, certains produits maraîchers frais importés comme le chou-fleur ou le brocoli ont fait leur apparition. Mais, comme on le devine, ces produits qui donnent l’apparence d’être de qualité se négocient au prix fort: presque Rs 85 le demi-kilo de chou-fleur.
En ces temps de production locale de masse déficitaire, ceux qui peuvent se le permettre se tournent aussi vers des produits maraîchers à valeur ajoutée comme les légumes hydroponiques ou les cultures bio produits en serre. Mais là encore, une simple laitue, par exemple, se négocie à près de Rs 40 la tête. En grandes surfaces, toujours, outre le retour en force des conserves de tomate entière ou en purée, les consommateurs ou du moins ceux qui peuvent se le permettre ont encore le choix dans une variété de légumes surgelés importés vendus en sachets comprenant chou-fleur, brocoli, épinards, haricots verts, petits pois et autres macédoines diverses.
La présente situation d’urgence fait que toute la question des dommages occasionnés aux cultures vivrières par les récentes pluies abondantes a été abordée, vendredi, en Conseil des ministres. Il a ainsi été décidé que pour permettre une rapide relance de la production et venir en aide aux  cultivateurs qui ont subi de lourdes pertes, le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire procèdera rapidement à une distribution de semences aux planteurs affectés. Parallèlement, afin d’atténuer les hausses des prix des légumes, le ministère révisera à la baisse les prix de vente au détail de la pomme de terre et de l’oignon importés par l’Agricultural Marketing Board.