Mère Teresa a imprimé son visage chiffonné et son sourire malicieux, sa lumineuse bonté et sa pacifique ardeur. Elle a relevé notre époque et lui a rendu une lueur d’espoir. Comme pour les malades et les mourants, sur qui elle s’était si souvent penchée. La missionnaire de la Charité s’est éteinte le 5 septembre 1997. Voici l’histoire de celle qu’on appelait la sainte de Calcutta.
Elle est religieuse de l’ordre missionnaire des soeurs de Notre-Dame de Lorette dès 1929. La jeune recrue est envoyée par son ordre religieux en Inde pour y faire son noviciat. Pendant presque vingt ans, soeur Agnès Bojaxhiu (c’est ainsi qu’elle se nomme alors) enseigne la géographie aux jeunes filles des hautes castes qui fréquentent le collège Sainte-Marie à Calcutta. Elle quitte cette communauté en 1949 pour suivre son appel et fonder sa propre congrégation en 1950. Son oeuvre auprès des plus démunis commence par l’éducation des enfants des rues et l’ouverture du mouroir de Kalighat (Nirmal Hriday) à Calcutta.
Tout bascule le 10 septembre 1946. C’est le jour de l’inspiration. Agnès Bojaxhiu voyage en train. La misère surgit de partout, effrayante. Nouveau tournant dans la vie de cette femme de trente-six ans : elle se sent poussée à se consacrer au service des plus pauvres d’entre les pauvres. De retour à Calcutta, soeur Agnès demande à l’archevêque l’autorisation de quitter sa congrégation. Celui-ci refuse, mais lui conseille d’en parler à sa supérieure… qui accepte, sous réserve de l’agrément du Pape. Cette permission n’arrivera que le 8 août 1948.