Avec la décision de procéder à la fusion (merger) de deux géants dans le commerce du ciment sur le plan mondial, les groupes Lafarge et Holcim, des changements sont à prévoir à partir de l’année prochaine sur le plan local. En marge des consultations annoncées par la Competition Commission en vue de procéder à une évaluation de ces nouvelles données, le conglomérat Gamma, le N° 1 de la construction à Maurice, et actionnaire minoritaire dans le groupe Holcim (Mauritius) Ltd, a déclaré ses intérêts dans ces procédures de Mergers and Acquisitions.
Le conseil d’administration de Gamma, groupe avec un chiffre d’affaires de Rs 9,6 milliards au 31 décembre dernier pour les six derniers mois, a entériné la décision d’exercer ses droits de préemption pour racheter la part détenue par Holcim, représentant 51 % des actions au sein de Holcim (Mauritius) Ltd. Pour sa part, la State Trading Corporation, un des major stakeholders sur le marché local du ciment, a rendez-vous ce matin à la Competition Commission pour une première séance de travail au sujet de la configuration de ce segment stratégique du marché local.
Dans les milieux des affaires, la décision du groupe Gamma de se porter partie prenante pour l’acquisition de ces 51 % d’actions au sein de Holcim (Mauritius) Ltd, complétant sa part de 49 % et lui assurant le contrôle total des activités, ne constitue nullement une surprise. « Il était évident que tôt ou tard, le groupe Gamma allait abattre ses cartes. Cette démarche relève d’une décision stratégique majeure même si rien n’est encore joué. La décision d’accepter ou de rejeter toute offre ne dépend pas de Maurice mais de la direction de la société internationale, assurant la mise à exécution de cet exercice de Mergers and Acquisitions et des autres soumissions sur le plan international », font comprendre des spécialistes dans ce domaine suivant l’évolution de ce dossier majeur. Le dernier bilan financier de Holcim (Mauritius) Ltd fait voir des profits améliorés de Rs 203 millions.
Avec la confirmation de son intention, le groupe Gamma a informé officiellement les autorités boursières aux termes de la SEM Listing Rule 11.3 de la Securities Act de 2005. La communication note que « Gamma intends to exercise its pre-emptive rights and to acquire the totality of the 51 % shares owned by Holcim in Holcim (Mauritius) Ltd. The public should rest assured that Gamma shall use all its endeavours to remain in the cement business and to supply cement quality of international standard on the Mauritian market ».
Par ailleurs, la STC, qui a pris ses distances avec le commerce du ciment suite à la libéralisation du marché récemment, pourrait effectuer un come-back en important du ciment si le besoin se fait sentir. À ce jour, le Board de la STC n’a pris aucune décision sur cette éventualité, préférant se concentrer sur l’étape initiale d’intelligence gathering en vue de motiver toute initiative.
À la Competition Commission, le dossier de fusion Lafarge/Holcim sur le plan international constitue une des top priorities. Ce matin, la direction de la Competition Commission a prévu une séance de travail avec les représentants de la STC pour passer en revue les principaux paramètres en vigueur sur le marché du ciment et pour procéder à une évaluation des conséquences de la disparition de Holcim, l’autre géant international du ciment, sur le marché.
Sous les dispositions de la Competition Act, la Competition Commission compte démarrer une série de consultations et d’auditions. Les parties intéressées ont jusqu’au jeudi 14 août pour soumettre leurs observations et commentaires en vue de permettre à la Commission « to determine that the proposed merger together with the divestment plan may lead to any competition concerns in Mauritius ».
Dans un communiqué émis à cet effet, Kiran Meetarbhan, Executive Director de la CCM, souligne que « this merger is happening at a global level but it is one which would also potentially affect the local market for cement. One of the mandates of the Competition Commission is to foster competition in markets for goods and services. As the proposed merger could amount to a merger situation as per the Competition Act 2007, the Competition Commission of Mauritius has opened an enquiry to determine whether the proposed merger will have an adverse effect on competition in the local market ».