• L’UPSEE remontée contre des managers des collèges ayant communiqué tardivement l’information aux enseignants et contre ceux qui ne l’auraient pas encore fait
  • Des managers confirment avoir des « réserves » au sujet de la demande du MES

L’appel du Mauritius Examinations Syndicate (MES) aux profs du secondaire d’État et privé intéressés à faire partie d’un « pool of prospective markers » pour les examens du futur National Certificate of Education provoque des remous et controverses dans les institutions scolaires du secondaire.

Alors que dans les milieux du MES, on affirme avoir transmis depuis le 5 août une lettre-circulaire aux responsables de « tous les collèges privés et d’État » à ce sujet, des enseignants de ces collèges maintiennent en avoir été informés tardivement, tandis que dans plusieurs écoles privées on est resté silencieux sur cette communication émanant du MES. Une poignée de managers privés ont ainsi confirmé au Mauricien qu’ils ne sont pas d’accord « avec la manière de faire » des autorités par rapport à l’organisation de ce nouvel examen sous le Nine-Year Schooling.

Des officiers du MES affirment sur un ton catégorique que « l’ensemble des collèges » ont reçu par e-mail le 5 août une circulaire au sujet du “National Certificate of Education 2020 – Survey of prospective markers” et qu’il était du devoir des chefs d’établissement de communiquer l’information au personnel enseignant. « Il s’agit d’un “survey” que nous entreprenons auprès des enseignants afin d’avoir une indication de leur intérêt pour la correction des papiers. Il est question ici d’une planification. Dans un deuxième temps, nous allons donner des détails sur la formation des correcteurs et sur la question de paiement d’une allocation pour ce travail », dit au Mauricien un de ces officiers.

Des collèges ont transmis la circulaire du MES au personnel enseignant le jour de la reprise des classes le 12 août tandis que d’autres l’ont fait à la fin de la semaine dernière. Mais dans certains collèges privés, l’information n’est toujours pas parvenue aux enseignants. « Les préparatifs pour ce nouvel examen de Grade 9 ne doivent pas avoir un impact sur l’organisation de l’école », réagit un manager d’une école privée. Ce dernier craint que la période de formation des profs pour la correction des scripts ainsi que le déroulement des examens provoquent un manque de profs dans le secondaire privé. « Comment va-t-on faire rouler nos classes en l’absence d’enseignants ? » se demande l’un d’eux.

Le formulaire d’inscription pour ce “pool of markers” doit obligatoirement être signé par le Head of School et, dans certaines écoles, des managers ont donné leur accord uniquement à une catégorie d’enseignants, notamment les plus anciens de l’établissement. « Après discussions avec le recteur et l’assistant recteur, nous avons décidé d’accorder priorité aux anciens », nous dit un manager d’un collège de la région sud. « Pourquoi le MES ne ferait-il pas aussi appel à certains enseignants à la retraite ? » suggère cet interlocuteur.

Mais l’UPSEE est remontée contre les managers ayant choisi, selon eux, « de garder le silence » sur cette circulaire du MES. « Il s’agit d’une communication très importante concernant les examens. Nous allons écrire au ministère pour leur demander de ramener les managers à l’ordre », dit Bhojeparsad Jugdambi, président de l’UPSEE.

Ce dernier questionne aussi la responsabilité de la Private Secondary Education Authority (PSEA) au sujet de ce qu’il qualifie de « rétention d’information » de la part de certains managers. « Pourquoi la PSEA, qui a été informée officiellement de la démarche du MES pour la correction des papiers, n’a-t-elle pas jugé important d’envoyer une lettre par la suite aux managers pour leur demander de faire le nécessaire concernant la circulaire du MES ? »

En revanche, un bon nombre d’établissements privé et d’État ont encouragé leurs profs intéressés par l’exercice de correction pour les examens du NCE à envoyer leur demande. « Nous avons déjà envoyé au MES les formulaires d’inscription de ces personnes », nous indique ainsi une rectrice d’un collège privé des Plaines-Wilhems. « La participation des enseignants à la correction sera certainement une bonne chose, car cela nous permettra d’avoir des indications sur les critères d’évaluation pour chaque matière. En tout cas, cette expérience dans la correction sera d’un grand apport dans l’enseignement », poursuit cette rectrice.

Toutefois, des chefs d’établissement du privé ainsi que certains enseignants de ce secteur mettent en garde le MES au sujet à la sélection de personnes à certains postes spécifiques dans la correction. « Que certains postes ne soient pas réservés qu’aux enseignants de l’État, comme c’est le cas dans l’organisation des examens de SC/HSC. Les enseignants du privé et ceux de l’État doivent être sur le même pied d’égalité en ce qu’il s’agit de leur participation dans le déroulement de cet examen de Grade 9. Et si nous constatons une politique discriminatoire envers nos enseignants, le MES entendra parler de nous ! » prévient un chef d’établissement d’un grand collège privé des Plaines-Wilhems.