C’est dans l’espoir de bénéficier d’un meilleur traitement médical que les malades préfèrent la clinique privée payante à l’hôpital public gratuit. Mais il peut arriver qu’un malade doive subir la  situation inverse. Comme le prouve la – coûteuse – mésaventure que vient de vivre Noël Joseph Clifford, obligé d’aller d’urgence à l’hôpital compléter une opération commencée dans une clinique.
Noël Joseph Clifford est un garde-pêche à la retraite de plus de 70 ans qui, après avoir pas mal roulé sa bosse dans la région et en Afrique, s’est installé depuis 2010 à Rodrigues. En juillet dernier, Noël Joseph Clifford, ressentant des douleurs et des difficultés à faire fonctionner sa vessie, décide de rentrer à Maurice pour se faire soigner. Il se rend à l’hôpital où on lui fait subir des tests avant de le référer au département chirurgical. D’autres tests sont faits et un rendez-vous fixé au mois d’août pour des examens plus poussés, dont une écographie de la vessie. Rentré chez l’ami qui l’héberge, Noël Joseph Clifford continue à ressentir des douleurs de plus en plus lancinantes à la vessie. A tel point que son ami, inquiet par la tournure des événements, appelle le fils de Noël pour le mettre au courant de la situation. Le fils passe voir son père et, après un rapide constat de la situation, téléphone à un médecin du privé. Sur les conseils  de ce dernier, il décide de faire admettre son père d’urgence dans une clinique de Quatre-Bornes. Noël Joseph Clifford raconte: « J’ai été admis en clinique le mardi 16 août et, après des examens, opéré le surlendemain. Je suis resté deux jours en convalescence avant de quitter la clinique et on m’a remis une facture de quatre pages pour un montant de Rs 104,000, dont Rs 49,000 pour le chirurgien. J’ai été étonné par le nombre de médicaments qui m’a été administré pendant les quatre jours que j’ai passés en clinique. Mais comme c’est mon fils qui a tout payé, je n’ai rien dit. » Après l’opération, Noël Joseph Clifford se sent un peu mieux et puis en septembre, par acquis de conscience, il se rend au rendez-vous médical fixé à l’hopital. Là, il explique au medecin qu’il avait du entre-temps se faire opérer d’urgence dans une clinique et lui remet une copie du rapport de l’opération. Le médecin lui fixe un nouveau rendez-vous la semaine suivante pour une écographie. « Pendant l’écographie, j’ai entendu les deux médecins qui le faisaient, dire: Enan encore deux tumeurs dans sa vessie-la. Je n’en croyais pas mes oreilles: deux tumeurs dans ma vassie qui venait d’être opérée! »
« Le mardi suivant, lors d’un autre rendez-vous à l’hôpital, le spécialiste m’a confirmé que j’avais deux tumeurs dans la vessie, deux tumeurs que le médecin qui m’avait opéré en clinique, quelques semaines auparavant, pour la même maladie, n’avait pas vues »
« Le mardi suivant, lors d’un autre rendez-vous à l’hôpital, le spécialiste m’a confirmé que j’avais deux tumeurs dans la vessie, deux tumeurs que le médecin qui m’avait opéré en clinique, quelques semaines auparavant, pour la même maladie, n’avait pas vues. Le spécialiste m’a dit qu’il fallait faire une autre opération. Huit jours après, au mois d’octobre, j’ai été de nouveau opéré de la vessie, à l’hôpital, pour enlever les deux autres tumeurs. Cette fois-ci, m’a dit le médecin, toutes les tumeurs avaient été enlevées de ma vessie. Après l’opération, je suis retourné voir le médecin, qui m’a confirmé que tout s’était bien passé et m’a expliqué le traitement et les précautions que je devais prendre pour rester en bonne santé. »
Suite à ces opérations et pendant sa convalescence, Noël Joseph Clifford réfléchit sur tout ce qui s’était passé et décide de demander des explications à la clinique. « J’ai téléphoné à la clinique pour demander comment une opération qui avait été facturée à plus de Rs 104,000 avait dû être refaite à l’hopital quelques semaines plus tard. A la clinique, on m’a demandé de contacter le médecin qui avait fait l’opération et qui était responsable de tout. J’ai contacté alors le Dr D. qui avait fait mon opération qui avait dû être completée à l’hôpital. Et savez-vous ce qu’il m’a dit, ce docteur? Je vous le donne en mille. Il ma répondu sèchement que dans la mesure où c’est mon fils qui avait payé les frais d’opération et de clinique, il n’avait pas d’explications à me donner.
« J’ai tenu à raconter ma mésaventure pour deux raisons. Premièrement, pour que d’autres personnes ne fassent pas la même bêtise que moi et réflechissent bien avant de se faire opérer. Deuxièmement, pour que l’on se rende compte que le service médical payant n’est pas toujours plus efficace que le service médical gratuit. »