Dans un message adressé à la population, le leader de l’opposition, Arvin Boolell, estime que l’année 2020 sera « l’année de vérité », que ce soit sur le plan économique, mais également son impact sur les consommateurs. « Je m’attendais à ce que le gouvernement prenne un bon départ. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Les différentes nominations indiquent que nous nous acheminons vers une politisation des institutions démocratiques et même de notre représentation diplomatique dans la capitale étrangère. Cela donne lieu à beaucoup d’inquiétude. Seul le judiciaire affiche son indépendance. Espérons que cela puisse continuer », affirme-t-il, estimant que le gouvernement « devrait tirer les leçons des erreurs commises depuis 2014 ».

Arvin Boolell souligne également la nécessité de consolider l’unité nationale dans la diversité et d’éliminer le syndrome minorité-majorité. « Nous sommes un pays de minorités. Nous sommes un monde en miniature et nous pouvons devenir un exemple mondial d’unité dans la diversité », souligne-t-il. Il a aussi observé que Maurice est un pays vieillissant. D’où l’importance de s’assurer que les fonds de pension soient bien gérés. Une autre priorité, selon lui, doit être la crise climatique.

« À ce propos, il faut éviter toutes les formes de “blame game” mais plutôt œuvrer en faveur d’un changement de mentalité. Nous devons pouvoir produire ce que nous mangeons et manger ce que nous produisons. En évitant de trop dépendre de l’importation, nous contribuerons à réduire notre “carbon footprint”. Il faut qu’on accorde notre soutien aux mouvements de jeunes qui se dessinent dans le monde pour lutter contre le réchauffement climatique. D’autre part, il est important que les nouvelles technologies soient utilisées pour le bien-être de tous », a dit Arvin Boolell. Il a également souligné la nécessité de développer une culture de l’épargne. « Il nous faut éviter de créer un pays qui dépend des prêts et des dettes », dit-il.

Le leader de l’opposition souligne également la nécessité de mener une lutte sans merci contre la consommation et le trafic de la drogue. Dans le cadre de cette lutte, le gouvernement devrait mettre sur pied un comité comprenant les différents partis politiques, les différentes religions, les organisations socioculturelles et les Ong.

Il déplore d’autre part l’absence d’un “think thank” dans lequel tout un chacun pourrait s’exprimer librement sans crainte et sans préjugé. Il s’est aussi prononcé en faveur de la décolonisation du territoire mauricien. À ce propos, il insiste sur le fait que la question de “ressettlement” et celle de la souveraineté sont indissociables. « Il est essentiel que nous agissions de façon collective », a conclu Arvin Boolell, qui souhaite à tous les Mauriciens une bonne et heureuse année 2020.