La direction générale de la Mauritius Broadcasting Corporation, qui se trouve mêlée à une délicate affaire de manque d’égards envers la présidence de la République, se substitue 48 heures après à la State House dans une tentative de damage control. Acculée pour légèreté dans le traitement de la retransmission du message de fin d’année du président de la République sir Anerood Jugnauth, la MBC se lance dans une série d’accusations contre les services de la présidence de la République et l’hebdomadaire Week-End, qui n’a pas été en présence samedi soir d’aucune extension de l’embargo de la diffusion du message.
Le plus grave – et qui pourrait faire l’objet d’une enquête pour « gross neglect of duty » – demeure la fuite avant la diffusion à une tierce partie de la bande sonore de l’intervention présidentielle. Le nom de l’auteur de cette indélicatesse a déjà été communiqué à qui de droit.
Cette affaire, qui défraie la chronique depuis la Noël, est suivie de près par le Prime Minister’s Office (PMO) compte tenu de l’importance des relations entre la State House et la Government House, surtout dans le cadre du respect des règles institutionnelles. Les deux parties se sont gardées jusqu’ici de faire des commentaires officiels sur ce qui est considéré comme un véritable impair à l’égard de la State House. Au PMO, l’on préfère prendre tous les détails de cette affaire avant de se prononcer. La State House est quant à elle en mode d’attente d’initiatives venant du gouvernement.
La Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), qui s’est rendue coupable de la faute d’avoir induit en erreur la State House, confirme qu’après l’enregistrement du message de sir Anerood Jugnauth le 23, « une information inexacte a été communiquée à la présidence de la République selon laquelle le message présidentiel allait être diffusé le 24 décembre ». Pour tenter de se tirer d’affaire dans cette situation compromettante, la station de Moka jette le blâme avec la formule bien connue « pa mwa, li sa ! » sur les services de la présidence de la République en soulignant dans le communiqué en date d’hier que la direction générale ou encore l’officier responsable de la programmation ne sont concernés par cette « information inexacte ».
La MBC s’attarde ensuite sur les initiatives prises par la State House sur la base de ce détail infondé émanant de station de radio et de télévision. « La présidence de la République a agi sur la base de cette information inexacte pour faire circuler les copies du message présidentiel aux salles de rédaction avec la demande d’embargo jusqu’au 24 décembre 2011 à 20 h 30. »  Le communiqué confirme également le détail révélé dans Le Mauricien de samedi qu’un changement majeur allait intervenir en fin d’après-midi de samedi, soit le message allait être retransmis le 25 et non le 24.
La MBC s’évertue de faire comprendre que la présidence de la République aurait transmis un nouveau communiqué aux salles de rédaction pour demander une extension de l’embargo au 25 au soir et va plus loin avec des accusations gratuites et farfelues contre l’hebdomadaire Week-End. Le groupe Le Mauricien / Week-End affirme que la seule communication officielle reçue de la State House le samedi 24 décembre concerne la copie dactylographiée du message de SAJ (voir fac-similé plus loin) et rien d’autre au sujet de l’extension de l’embargo, comme allégué par la MBC.
En ce qui concerne la fuite de la bande sonore à une tierce partie plus de 24 heures avant la diffusion, la MBC confirme que des trois chaînes de radio privée opérant sur l’île, seule une avait eu les faveurs de se retrouver bien à l’avance « avec une copie audio du message du président », alors que les deux autres avaient été ignorées. Les premiers éléments de l’enquête interne à ce sujet a déjà démasqué l’auteur de cette démarche avec le nom transmis à qui de droit à l’hôtel du gouvernement.
Cette fuite particulière de la bande sonore du message du président de la République intrigue plus d’un et met mal à l’aise l’hôtel du gouvernement, qui arrive difficilement à digérer ce nouveau faux pas de la MBC en cette fin d’année après celui dans le cas de Rehana Ameer. D’aucuns affirment que les autorités compétentes se penchent sur la possibilité d’une enquête pour « gross neglect of duty »  contre les responsables à la MBC. Cette éventualité fait craindre plus d’un qui veut s’assurer de cette diversion en jetant la responsabilité de l’affaire sur le dos de la presse.
En conclusion, dans le communiqué publié 48 heures après, la MBC veut faire croire qu’« il n’a jamais été question d’un quelconque manque d’égard envers la présidence de la République » même si d’importants écarts, comme des informations erronées communiquées à la State house ou encore des bandes sonores en balade, sont confirmées par cette même MBC.