Dans son message à l’occasion de la fête de la Nativité, le père Jean-Maurice Labour, administrateur du diocèse de Port-Louis, en l’absence de l’évêque, Maurice Piat, en convalescence à l’étranger, a expliqué que Noël c’est “la fête de l’optimisme de Dieu pour l’humanité”. Pas un “optimisme béat”, mais un “optimisme réaliste”. “Noël c’est, dit-il, en effet, Dieu qui a les pieds sur terre”.
Pour le père Labour, Noël c’est la fête de l’optimisme de Dieu pour l’humanité. Il explique qu’en dépit du fait que notre humanité est marquée par la violence, la corruption et l’abus de pouvoir, Dieu est optimiste elle peut rebondir en raison de son grand potentiel de renouvellement. Pour l’administrateur du diocèse catholique local, c’est parce que Jésus portait en lui une telle espérance en l’humanité qu’il a pris la peine de venir sur terre partager notre condition humaine.
Le vicaire-général s’emploie à expliquer cet optimisme de Dieu dans le contexte particulier de la célébration de Noël à Maurice en 2014 alors que le pays est à vivre “un grand moment de démocratie”. Jean-Maurice Labour trouve que la période électorale que nous venons de traverser a été une période durant laquelle les Mauriciens étaient optimistes quant à la capacité de leur pays à s’organiser économiquement et socialement pour que chacun ait sa place dans le pays.
“Au coeur de la fièvre électorale qui a écarté, dit-il, un moment la passion du football, n’était-ce pas les rêves d’un pays réconcilié qui nous habitaient? Rêve que la méritocratie prime sur le favoritisme. Rêve d’une société où disparaîtraient les inégalités sociales. Rêve d’une construction nationale dans le respect de la diversité des religions et des cultures”. Pour l’administrateur du diocèse de Port-Louis, le résultat “sans appel” des élections donne un immense espoir que le pays peut rebondir de ses découragements, sortir de son pessimisme en vue de la réalisation de ses rêves et de ses aspirations.
“Prions pour les dirigeants politiques”
Le père Labour souligne, néanmoins, que Noël c’est aussi “Dieu qui a les pieds sur terre”. “Si, explique-t-il, en effet, Dieu se réjouit avec nous pour nos nouveaux dirigeants en leur donnant tout l’appui pour qu’ils réussissent, nous savons bien que la fragilité humaine peut les conduire aux mêmes travers dénoncés chez les perdants d’aujourd’hui”. Et le vicaire-général de se référer, à ce stade, à l’apôtre Paul qui, dans sa “Lettre aux Romains”, rappelle que l’homme est ainsi fait qu’il ne fait pas toujours le bien qu’il aurait souhaité et fait souvent le mal qu’il n’aurait pas souhaité.
“Aucun gouvernement n’est parfait puisque l’échec de nos plus beaux projets résulte du péché humain”, souligne l’administrateur du diocèse catholique. “Si nous nous réjouissons du renouvellement de l’équipe gouvernementale avec l’apport d’un certain nombre de jeunes et de nouveaux en politique, souhaitons qu’il y ait un renouvellement de la manière de faire de la politique à travers un dialogue permanent avec la société civile. Souhaitons la vigilance de cette société civile qui gardera vive toute cette flamme allumée l’espace d’une campagne électorale.”
Le père Labour rappelle, à cet effet, que l’Eglise catholique à travers, notamment, la Commission Justice et Paix, a affirmé que l’exercice démocratique ne saurait s’arrêter qu’aux élections, mais doit se prolonger dans la durée. L’administrateur du diocèse catholique appelle les fidèles, en conclusion de son message de Noël, à prier et à accompagner les dirigeants politiques. “Leur métier est difficile, exigeant. Il demande beaucoup de travail personnel, de présence sur le terrain, de proximité avec le peuple, de décisions difficiles à prendre, de conflits à gérer, car il n’est pas possible de plaire à tous”.
En cette fête de Noël qui célèbre Dieu incarné, le vicaire-général dit son optimisme quant à la capacité des Mauriciens à trouver des solutions à leurs conflits.