Le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a saisi la plateforme du message à la nation pour le 12 mars en vue de transmettre son intransigeance contre ceux qui tenteront de mettre en péril l’avenir du pays. Dans la conjoncture politique, le décryptage de ces extraits comporte une ambivalance dans la mesure où il n’avait pas cité nommément ses cibles ou encore donné des indications sur les circonstances qui l’ont poussé à adopter un ton aussi dur. Il a aussi fait comprendre à la population que sur le plan du Law and Order et de la sécurité routière, il est disposé à faire adopter des mesures radicales pour faire face à la situation mais à condition qu’un consensus se dégage autour de ces initiatives. L’économie a aussi retenu l’attention du chef du gouvernelemnt, qui a voulu rassurer en déclarant « sa lané-la, nou pou en bonne vwa pou batir enn nouvo lavenir pou nou péi. »
Vers la fin de son intervention télévisée et radiodiffusée, sir Anerood a haussé le ton. « Mo na pa pou tolère personne ki pou mette en péril lavenir sa pei-là. Mo dir bien personne. Ceux qui croient pouvoir m’intimider avec des menaces, des coups montés, des faussetés, je les mets en garde et leur demande de faire très attention. Ceux qui abusent de ma confiance ont intérêt à bien se tenir car s’il faut prendre des décisions, je n’aurai pas une seule seconde d’hésitation », a-t-il, déclaré sans élaborer davantage.
Poursuivant, le Premier ministre s’en est également pris à « ceux qui agissent dans l’illégalité et qui prétendent avoir davantage de droits que des gens honnêtes et respectueux de la loi. Il faut mettre un terme à cela car l’honnêteté et l’intégrité doivent prévaloir. Je fais un appel à la responsabilité et à la discipline. » Toutefois, au début de ce volet de son message pour la fête nationale, il a souligné que « nou aksepté kritik mé nou réfiz la démagozi », tout en s’attaquant à « ceux qui critiquent et qui sont les mêmes qui ont commis des crimes envers le pays. Zot finn komet trahison anver ou, lépep. Zot péna okenn krédibilité. Zot mérit ou mépris. »
 
Auparavant, sir Anerood est revenu sur l’héritage légué par le précédent gouvernement de Navin Ramgoolam en termes de « frod, koripsyon, enn kiltir kokin, bann institisyon pouri ek enn lékonomi en panne. » Il a avancé que le mandat qu’a accordé l’électorat au gouvernement de Lalyans Lepep comporte trois composantes, soit nettoyer, redresser et reconstruire. « Nous travaillons sur les trois fronts. Dans le message du Nouvel An, j’ai dit que 2016 sera l’année du redécollage économique. Je suis en mesure de vous dire que nous sommes en bonne voie en vue de propulser le pays vers un nouveau palier économique. »
S’appuyant sur le prochain démarrage annoncé des chantiers Airport City, Heritage City, Jin Fei Economic and Cooperation Zone et du développement dans le port de même que des travaux d’infrastructure, il se dit convaincu que « que sa lané-la nou pou en bonne vwa pou bâtir enn nouvo lavenir pou nou péi. » Le gouvernement mise sur le lancement de l’Air Corridor entre l’Asie et l’Afrique en passant par Maurice à partir de cette semaine pour insuffler un nouvel élan au développement de nouveaux marchés touristiques de même que d’autres potentiels d’affaires, de commerce et d’investissements. « Si cet Air Corridor rapporte les résultats escomptés, très vite nous devrons réfléchir à la construction d’un deuxième terminal à l’aéroport », a-t-il laissé entendre.
Se disant confiant que le gouvernement de Lalyans Lepep sera à la hauteur de ses responsabilités, le Premier ministre prévoit la création d’emplois par milliers, l’amélioration du niveau de vie, l’amélioration du pouvoir d’achat avec le combat contre l’exclusion sociale comme une des priorités.
Au chapitre du Law and Order et de la sécurité routière, des instructions ont été données en vue d’assurer une plus grande visibilité de la police sur le terrain. « Et si éna konsansis, mo paré pou vinn de lavan avek bann mézir radikal », a-t-il ajouté.
Au début de son intervention, sir Anerood a fait un rapide survol de la situation dans le pays au lendemain de l’indépendance jusqu’en 1982 avec « lespwar ti tourn en désespwar. » « Permettez-moi de vous dire que s’il n’y avait pas le développement économique sous mon leadership (à partir de 1983), le Welfare State aurait déjà disparu. L’éducation gratuite, la santé gratuite, la pension universelle auraient également disparu si l’économie n’avait pas connu de développement sous des gouvernements que j’ai eu le privilège de diriger », a-t-il déclaré.
En conclusion, le Premier ministre a réitéré sa promesse. « Je vous ai dit que je veux terminer ma carrière politique dans l’honneur avec le sentiment du devoir accompli envers le pays. Parol donnée sé parol sakré et pli divan ou pou kapav zizé ki leritaz mo pou kité », a-t-il déclaré en saluant les Mauriciens, les habitants de Rodrigues, d’Agaléga, de Saint-Brandon et de la diaspora en ce jour de fête nationale.