L’affaire de la retransmission à la télévision du message de fin d’année de sir Anerood Jugnauth pour la Noël est venue alimenter la controverse politique avec au centre la présidence de la République. Les recoupements d’informations effectués depuis le début de la semaine confirment une irritation grandissante de la State House à l’encontre de la direction générale de la MBC-TV, avec le Prime Minister’s Office en tant que « collateral damage ».
L’opposition parlementaire MMM, par la voix de son secrétaire général Rajesh Bhagwan, est montée au créneau entretemps, malgré la trêve politique entre la Noël et le Nouvel An, pour dénoncer le comportement du directeur général de la MBC, Dan Callikan, comme « agent politique de Navin Ramgoolam ».
Depuis l’éclatement de cette affaire, qui met à rude épreuve toute la question de sécurité et de confidentialité des documents audiovisuels à la MBC, la direction générale de la station de Moka s’est lancée dans un exercice de « damage control » en plaidant un manque de communication entre voisins de l’autoroute, soit la State House du Réduit et la MBC House de Moka. Mais il semblerait que le Réduit n’est, semble-t-il, nullement satisfait des explications fournies sur le report de 24 heures de la retransmission du message de fin d’année de sir Anerood Jugnauth, surtout dans la conjoncture politique avec la présidence de la République ne mâchant pas ses mots contre l’action du gouvernement.
Ceux qui se présentent comme étant proches de sir Anerood Jugnauth n’hésitent pas à avancer que dans l’immédiat, le principal concerné se mettra en « observation mode » et pourra même aborder cette affaire de manière diplomatique avec le Premier ministre Navin Ramgoolam, de qui relève la MBC, avant de tenter de passer à l’action au sujet de cet impair à la présidence de la République.
Toutefois, les spécialistes des affaires d’État, comme l’enregistrement des discours formels du chef du gouvernement ou du Premier ministre, s’interrogent sur les mesures de sécurité entourant ces documents sonores et audiovisuels avant leur passage à l’antenne. Dans le cas du message de Noël 2011 du président de la République, aucune explication n’a été « forthcoming » jusqu’ici pour justifier qu’une copie de la bande sonore de l’intervention de sir Anerood Jugnauth était en balade hors des locaux de la MBC avant la programmation revue et corrigée de la soirée de Noël, avec pour effet que la MBC s’est fait voler l’exclusivité sonore de cet événement.
Jusqu’ici, cet aspect délicat de l’opération manque d’égards de la MBC vis-à-vis du président de la République est passé sous silence par la direction générale, qui est engagée dans un exercice de « passe dibeurre » avec les membres du personnel de la station à l’occasion du déjeuner annuel à la mi-journée.
Au sein du MMM, cet impair vis-à-vis de la présidence de la République est dénoncé avec force. « Pour nous, au MMM, ce qui s’est passé pour le message de fin d’année du président de la République ne nous surprend guère. Toutefois, il confirme une chose : Dan Callikan est et reste l’agent politique de Navin Ramgoolam à la MBC. Il est l’exécuteur des sales besognes politiques. Nous n’avons pas oublié que Dan Callikan faisait partie de la sinistre Bande des Quatre de 1983. Pour plaire à son patron politique du jour, cet adepte du mercenariat politique s’est entouré d’une clique de petits copains aussi serviles que lui », affirme Rajesh Bhagwan.
« Dan Callikan ne doit pas oublier que nous connaissons ses méthodes frisant le fascisme. Rappelez-vous que lors des enregistrements pour les émissions politiques lors de la dernière campagne électorale, il avait voulu intervenir lors d’une de mes interventions. Nous avons dû faire appel à l’Electoral Supervisory Commission. Avec le message de fin d’année de sir Anerood Jugnauth, Dan Callikan a commis le faux pas qu’il ne fallait pas. Nous lui disons tout bonnement que son heure ne tardera pas à sonner car pour 2012, comme cela a été le cas en 2011, la MBC et Dan Callikan resteront la priorité du MMM », ajoute M. Bhagwan, qui avait réclamé la démission de Dan Callikan lors d’une des dernières séances du Question Time à l’Assemblée nationale cette année.