« La paix fleurit dans une société quand on travaille pour le bien commun, à savoir, le bien de tous », explique l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, dans son message de Noël 2011. Néanmoins, l’évêque catholique met en garde contre ce qu’il appelle les nombreuses « contrefaçons » de l’engagement pour le bien commun. Ce traditionnel message du chef de l’Église catholique de Maurice sera retransmis ce soir sur MBC 1.
Mgr Piat explique dans son message de Noël que quand les hommes parlent de « gloire », ils ont tout de suite à l’esprit « quelqu’un qui a du pouvoir, qui est riche, qui réussit ». Toutefois, souligne-t-il, quand Dieu vient pour sa part manifester sa gloire sur terre, « il vient comme un petit bébé tout fragile, n’a ni pouvoir, ni richesse ».
Ce qui est cependant étrange, selon ses propos, c’est que partout dans le monde depuis 2000 ans, l’on se souvient de cette naissance, inaperçue à l’époque, et partout aujourd’hui, on la célèbre comme « un grand événement ». En contraste, il explique que nul ne célèbre de nos jours l’anniversaire de l’empereur romain ou celui du Pharaon d’Egypte, « qui étaient, pourtant, des personnages qui avaient été très puissants, très riches et très admirés dans leur vie ».
À Noël, souligne l’évêque de Port-Louis, l’on découvre Dieu qui « prend l’initiative, se dérange, descend et vient vers nous alors que nous ne le méritons pas (…) », et qui vient « non pour se faire acclamer mais tout simplement pour « être avec nous », s’intéresser à nous, être proche de nous ». Aussi, pour Mgr Piat, la gloire de Dieu n’est pas, contrairement à celle des hommes, « le succès ni les applaudissements ». « C’est plutôt la bonté discrète, le rayonnement humble d’un amour gratuit, patient, fidèle. »
Plus concrètement, Maurice Piat explique que dans un monde où il y a tant de guerres, et dans un pays où les actes de violences sont de plus en plus fréquents, l’on a soif de paix. « Nous désirons, tous, la paix dans nos familles, dans nos lieux de travail, dans notre quartier, dans notre pays. » Et de poser la question : « (…) Sommes-nous disposés à travailler pour que cette paix arrive dans notre société mauricienne ? »
Le bien commun : « le bien de tous »
Pour le chef de l’Église catholique mauricienne, l’amour désintéressé s’exprime toujours dans un travail pour le bien commun, à savoir, « le bien de tous ». « Quand, déclare-t-il, on travaille pour le bien commun, la paix fleurit dans une société ». Et l’évêque de Port-Louis de mettre en garde contre ce qu’il appelle les « contrefaçons » de l’engagement pour le bien commun. « Il y en a beaucoup, malheureusement », dit-il. Mgr Piat cite des exemples à cet effet, dont celui de l’enseignant qui prétendra toujours s’intéresser au bien de tous ses élèves, mais qui fera pression sur les enfants de sa classe pour qu’ils viennent tous, même s’il n’en ont pas besoin, aux leçons particulières payantes qu’il donnera après les heures d’école. « S’il néglige, par ailleurs, les élèves qui ne viennent pas à sa classe payante l’après-midi, on pourra se demander si cet enseignant travaille pour le bien commun et s’il construit la paix. »
Un autre exemple cité est celui du politicien qui prétendra toujours s’occuper du bien commun de tout le pays, avec toutes ses composantes sociales, religieuses et ethniques, mais qui, une fois au pouvoir, « profite de sa situation pour favoriser les personnes de sa famille ou de sa communauté ethnique ou religieuse ». Et l’évêque de se demander si une telle personne « travaille pour le bien commun ou sème, lui aussi, des armes de violence dans la société ».
« Tout ce qui est hidden agenda, discrimination, corruption, favoritisme, détruit la paix sociale. Comme dit le proverbe, « qui sème le vent récolte la tempête » », déclare Mgr Piat. Pour ce dernier, en vue de récolter la paix, il convient de donner soi-même, « s’engager sincèrement de façon désintéressée pour le bien commun ». Il rend ainsi hommage à toutes les personnes de toutes les religions qui «  travaillent, aujourd’hui, gratuitement pour le bien commun dans notre pays », des personnes qui sont « de vrais artisans de paix ».
Là encore, le chef de l’Église catholique locale cite des exemples, notamment celui d’une personne plutôt aisée à qui un pêcheur en difficulté financière venait souvent solliciter de aide. Il explique que cette personne a entrepris des démarches pour que le pêcheur en question puisse trouver un emprunt, en vue de s’acheter un bateau pouvant lui permettre de gagner dignement sa vie et aider sa famille. Il cite aussi l’exemple de personnes de différentes communautés, qui ont aidé à changer la vie d’une cité des Plaines-Wilhems en organisant des activités de loisirs sains pour les jeunes du quartier.
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CEDEM: Le père Noël à Agalega
Le père Noël n’a pas attendu le 24 décembre, à minuit, pour offrir des cadeaux aux enfants d’Agalega. Il y était déjà en novembre dernier… Le Centre d’Éducation et de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM) qui s’est rendu dans l’île pour la première fois a, en effet, fait des heureux chez les plus petits de la population. L’organisation non-gouvernementale qui a distribué des cadeaux, animé des spectacles et distribué des livres aux enfants, a offert un moment unique à ces derniers. En effet, c’était la première fois qu’une ONG entreprenait une telle initiative à Agalega. Le CEDEM a aussi profité de son séjour dans l’île pour aller à la rencontre des familles et sensibiliser sur l’environnement.