Le président de la République, sir Anerood Jugnauth, cible trois fléaux majeurs affectant la société – le gaspillage des fonds publics, la fraude et la corruption, ainsi que la drogue – pour articuler son message à la population à l’occasion de la Noël. Il assaisonne le tout avec une mise en garde contre la dégradation sociale devenue un enjeu pour la sécurité des touristes. 
Il est un fait que, dans la conjoncture politique, le message du Président à la télévision, hier soir, a été suivi avec une attention particulière. Il n’a pas manqué de faire état de l’urgence de la situation sur le front économique en suggérant à la population que l’heure de « serre ceinture » pourrait sonner déjà.
A peine avait-il entamé son intervention en félicitant ceux qui ont réussi aux récents examens du Certificate of Primary Education (CPE) et en soulignant l’importance de l’éducation que le Président a enchaîné coup sur coup avec les principaux fléaux affectant la société mauricienne, après avoir lâché que « zotte pou dakor avek mwa, si mo dir qui nou bizin serre ceinture avek sityasyon ékonomik difisil ki pe guette nou. »
D’abord, sir Anerood s’attaque au gaspillage dans la fonction publique. « Le gaspillage dans la fonction publique doit cesser. Nous devrons rendre plus sévères les lois en vigueur en vue de sanctionner le gaspillage des fonds dans le service Civil« , en ajoutant que dans d’autres pays au monde, les coupables de mauvaise gestion doivent assumer la responsabilité de leurs fautes.
« L’heure est venue pour sanctionner ceux qui font perdre au gouvernement des millions et des millions. Si ou pa konne travay, abé ou bizin ran kompt. Larzan guvernma sé ou larzan. Ou pa kapav paie dimunn pou zette larzan par la fenet », s’insurge le Président.
Sir Anerood aborde, ensuite, le problème de la corruption avec des phrase incisives. « Korupsyon usi pe pran ène lampler grandissant. Nou bizin arrête sa monstre-là, avan ki arrive trop tar. Sa li ène mal ki pou détruire nou sosyété », poursuit-il en faisant état des efforts du gouvernement pour créer une société plus juste. « Mais koripsyon bizin arrête, » s’appesantit-il en lançant un appel à la population pour dénoncer sans crainte les actes de corruption.
L’ampleur de la drogue à Maurice ajoute aux appréhensions du Président. « Ene lot mal de nou sosyété, sé la drog, ki pe pran ène l’ampler ekstraordiner », dit sir Anerood, qui confirme la percée de la drogue dans les villages. 
La mise en garde s’adresse aux autorités ainsi qu’à la population: « Mo pe attire l’attention banne otorité ek la popilasyon, pu ki sakène pran so responsabilité pou mette ène frein à sa fléo-là. »
Les autorités sont également prises à partie dans le message de Noël du Président sur le plan du Law and Order. « Avec la dégradation de l’environnement social, la sécurité des touristes est devenue un véritable enjeu. Chaque Mauricien doit prendre conscience que sans sécurité, l’industrie du tourisme s’écroule. Alor, ki li lotorité, ki li ène individu, sakène bizin fer de sorte ki turis senti zotte an sékirité dan nou pays », fait-il comprendre sans détour.
Dans la dernière partie de son intervention, le Président s’adresse aux parents, plus particulièrement aux aînés, en vue d’assurer la transmission des valeurs morales aux jeunes. « Si aujourd’hui, nous sommes confrontés à autant de délinquance dans la société c’est en raison d’un manque de dialogue entre parents et enfants, et également d’un manque de surveillance. Quand vous voyez des enfants de 13 à 14 ans tombées enceintes, vous devrez réfléchir deux fois sur l’éducation que nous les pourvoyons. Quel avenir pour ces enfants?, » s’est-il interrogé.
Avant de faire un appel à une politique de rigueur dans la vie, le Président met le doigt sur le problème du surendettement des ménages avec un taux de 20% de la population, contre 14% auparavant, et des répercussions du rechauffement climatique dans le monde.