Dans son message de Noël à la population, l’évêque de Port-Louis s’appesantit sur les différents types d’épreuves par lesquelles passent des nombreuses familles mauriciennes et qui provoquent des secousses dans la vie familiale. Mgr Maurice Piat attire l’attention sur les effets de la vie moderne qui exercent une certaine pression sur les Mauriciens, tels la société de consommation, la compétition féroce, la corruption. « Nous vivons une crise de repères, une crise du sens de la vie », constate le chef de l’Église Catholique.
S’appesantissant sur le message religieux de Noël, Mgr Maurice Piat soutient que « si Noël est fêté aujourd’hui non seulement par les chrétiens mais par toute l’humanité, n’est-ce pas parce que Dieu s’est révélé à nous à travers un visage tellement humain ».
Il souhaite que Noël se vive chaque jour, que l’image de Dieu qui sommeille en nous se réveille et se déploie dans notre manière de vivre tout au long de l’année.
« Je pense par exemple à ces nombreux couples qui s’aiment fidèlement à longueur d’année, se disputent et se réconcilient, sont patients et acceptent de souffrir pour celui ou celle qu’ils aiment. Je pense aussi aux enfants et aux jeunes qui, à longueur d’année, rendent volontiers service à la maison, s’entraident à l’école plutôt que de cultiver une compétition malsaine, organisent des loisirs sains avec leurs amis et se soutiennent mutuellement pour résister aux comportements à risque qui dégradent leur humanité », poursuit Mgr Piat.
Ce dernier rend grâce à tous les Mauriciens qui exercent leurs responsabilités de citoyen avec humanité. « Eux aussi contribuent à ce que la joie de Noël éclaire notre route et guide nos pas au chemin de la paix. Quand un enseignant, par exemple, se préoccupe moins de sa réputation de “faiseur d’A + ou de lauréats”, mais se concentre davantage sur le service désintéressé des élèves, et surtout des plus faibles, c’est Noël ce jour-là parce que c’est l’image de Dieu qui apparaît à l’école. Quand un élu ne cherche pas à profiter de sa position pour retirer quelques avantages personnels, mais travaille sincèrement et sans relâche pour le développement humain des citoyens de sa ville, qu’il soit ou non de son bord politique, alors c’est Noël ce jour-là parce que l’image de Dieu est apparue en politique », affirme l’Évêque de Port-Louis.
Poursuivant son message, il soutient que « quand un chef d’entreprise ne se préoccupe pas exclusivement du profit à accumuler, mais cherche en priorité la promotion humaine de ses employés à l’usine, sur le chantier, dans le bureau, alors c’est Noël ce jour-là parce que l’image de Dieu est apparue dans l’entreprise. Quand des travailleurs ne cherchent pas seulement à tirer leur épingle du jeu, mais n’hésitent pas à être solidaires et à lutter ensemble pour le respect des droits humains de leurs camarades, alors c’est Noël ce jour-là parce que l’image de Dieu est présente dans leur lieu de travail. Quand des citoyens mauriciens de toute communauté se mettent ensemble pour lutter contre les fléaux qui affligent notre société, pour soutenir les victimes de la drogue, du VIH/sida, de la prostitution, alors c’est Noël ce jour-là, parce que l’image de Dieu est apparue dans la rue ».
Mgr Piat conclut son message en observant qu’« au milieu d’un monde agité, préoccupé par les crises financière, écologique, alimentaire, énergétique, nous vivons une crise de repères, une crise du sens de la vie ». « À quoi sert toute notre activité fébrile ? Ce Dieu qui a choisi de naître comme un petit enfant démuni, vulnérable au milieu d’une foule pour la plupart indifférente, et quelquefois hostile, aurait-il quelque chose de vital à nous dire pour nous éclairer, nous apaiser ? Quand il vient, non pas comme un puissant avec de grands moyens, mais comme un pauvre, avec rien d’autre à offrir que son amour, ne nous indique-t-il justement que ce qui donne sens à la vie, ce n’est rien d’autre que son amour ? »
Par ailleurs, Mgr Piat sera à la Prison Centrale cet après-midi pour dire une messe spéciale à l’occasion de la Noël. Le diocèse de Port-Louis prévoit d’autres messes aujourd’hui dans les autres centres de détention, comme suit : le père Jean-Maurice Labour à la Prison des Femmes, le père Wan Sai Cheong à la New Wing, le père Jean-Michaël Durhône au Correction Youth Centre et le père Eddy Coosnapen, aumônier des prisons, à la prison de Richelieu.