Le syndicaliste et président de la Government Teachers Union (GTU) Jugduth Seegum, aussi connu sous le nom de Vinod Seegum, a été reconnu coupable en Cour intermédiaire sous trois charges de « using an information and communication service for the purpose of causing annoyance to another person » en violation des articles 46 (h) (ii) et 47 de l’ICTA. Il lui était reproché d’avoir posté des messages offensants sur le compte Facebook de la GTU Mauritius Educators Forum à l’égard d’une Senior Hospital Care Attendant, portant atteinte à la réputation de cette personne. Le syndicaliste avait plaidé non-coupable.
La victime, qui officiait également comme Public Relations Officer à la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) au moment des faits, est allée porter plainte contre le syndicaliste après avoir vu les messages blessants la concernant sur Facebook. La victime avait relaté en cour la manière dont ces messages l’ont affectée : « Linn difam mwa, enn bann fos sarz ki linn mete » et de continuer « fransman mo dir ou kan monn get sa bann komanter la, vreman monn blese ». La victime devait aussi faire part de la manière dont ces messages ont affecté sa réputation en tant que professionnelle mais également sa vie personnelle : « Mo mari pann koz ar mo mem komie tan, bann zanfan ti ena pou marie tousala, inn gagn bann problem. Monn bizin al kot bann bo-paran pou explike ki manti parski swit a bann komanter ena bann lot komanter ankor kot inn vini li pe tret mwa koumadir an tan ki madame, pe tret mwa dan tou bann kalite koze. Mo travay dan lopital mem parmi piblik e sa ti vreman ti pe afekte mwa dans mo travay, mo ti pe santi mwa imilie divan bann dimounn ».
Vinod Seegum avait pour sa part concédé avoir posté ces commentaires mais a soutenu qu’il n’avait pas l’intention de blesser la victime. Le syndicaliste a soutenu qu’il avait posté ces commentaires dans le contexte d’une campagne électorale et que les membres de la Fédération postaient des commentaires et discutaient de plusieurs sujets. Il s’avère que la victime avait elle aussi posé sa candidature pour le poste de président de la fédération. Me Ashok Radhakissoon, l’avocat du syndicaliste, avait indiqué de ce fait que pendant ces campagnes électorales, les membres de la fédération avaient l’habitude de se lancer des invectives sans penser ce qu’ils disent. Dans l’énoncé de son jugement, la magistrate Razia Jannoo-Jaunbocus a toutefois conclu que Vinod Seegum était au courant que le contenu de ses commentaires était la raison de la plainte logée contre lui.
La magistrate a aussi soutenu que la version de l’accusé était incohérente car, en cour, le syndicaliste avait déclaré que ce Forum sur Facebook avait été créé pour promouvoir des discussions de nature pédagogique. Or, la magistrate a conclu qu’aucun des commentaires postés était de nature pédagogique. La magistrate a ainsi statué que ces commentaires visaient à contrarier la victime. Vinod Seegum sera fixé sur son sort le 28 septembre.