Dans son message à l’occasion de Noël, l’évêque de Port-Louis invite les Mauriciens à revenir à l’essentiel et à retrouver l’authenticité de cet événement de Dieu dans la vie de l’homme qui s’est passé il y a plus de 2 000 ans. A travers la naissance de Jésus, dit Mgr Maurice Piat, Dieu vient à la rencontre de l’homme dans son quotidien et lui fait cadeau de son amitié. Aller à la rencontre de quelqu’un c’est faire la démarche d’établir des relations avec cette personne, et Mgr Piat invite tout un chacun à retrouver le vrai sens de la rencontre et de l’amitié. « L’amitié », dit Mgr Piat, « est vraiment le plus beau cadeau que nous est offert à tous à Noël ».
L’ensemble du message du chef de l’Église catholique est centré sur la thématique de la rencontre et sur celle de l’amitié. « Nous célébrons ce jour-là la plus grande rencontre de l’histoire : Dieu qui descend sur terre, et rentre dans l’humanité, pour venir nous rencontrer. Cette rencontre s’est passée dans la plus grande discrétion. Dieu a choisi de rester simple. Il a voulu entrer dans le monde comme n’importe quel autre homme, c’est-à-dire, en naissant d’une femme. Et de plus, cette femme était en voyage quand son heure est venue pour accoucher ; elle n’a pu trouver d’autre chambre qu’une étable, ni d’autre berceau qu’une mangeoire », dit Mgr Piat, qui invite les Mauriciens « à vivre la fête de la rencontre ». Une rencontre à deux niveaux, avec Dieu et avec les proches. « Si nous ouvrons notre coeur à cette présence de Dieu, alors nous découvrirons la valeur immense de l’amitié que Jésus nous offre de vivre avec lui. Le cadeau de cette amitié est si beau, si fort qu’il nous pousse nous aussi à faire aux autres le cadeau de notre amitié ».
Mgr Piat évoque le parcours d’un père de famille dont la vie s’est transformée à tous les niveaux depuis qu’il s’est « laissé rencontrer par Dieu dans sa vie ordinaire ». Cette personne, raconte Mgr Piat, a été touchée par le pardon et l’amour gratuit de Jésus pour lui, ce qui l’a conduit à « un beau chemin de conversion » qui s’est répercuté sur la qualité de sa vie familiale. « Quand il a vu comment cette rencontre avec Dieu lui apportait de la joie dans sa vie, il a voulu prendre du temps lui aussi avec sa femme, ses enfants dans leur vie ordinaire, se laisser aimer par eux et leur dire par sa présence avec eux combien ils étaient précieux pour lui. Alors sa femme et ses enfants ont reconnu que c’était là le plus beau cadeau qu’il leur avait donné depuis longtemps. Bien sûr, sa décision n’a pas été comme un coup de baguette magique qui a enlevé tous ses problèmes, mais on sentait qu’une grande paix, un grand courage, une grande joie avaient envahi cette famille ». Selon Mgr Piat, ce père de famille a compris le sens profond de la fête de Noël et la vit tout simplement.
La rencontre entre deux personnes donne lieu souvent à une amitié et il y a, dit Mgr Piat, dans cette relation que Dieu établit avec les personnes, une dimension d’amitié. Mgr Piat cite le texte d’évangile (Jn 5,15) qui fait état de cette démarche de Jésus à entrer en amitié avec les hommes. « Il a dit lui-même « je ne vous appelle pas serviteurs car le serviteur ignore ce que veut faire son maître, mais je vous appelle mes amis car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître » ». Pour le chef de l’Église, « cette amitié est vraiment le plus beau cadeau que nous est offert à tous à Noël. Saurons-nous accueillir ce cadeau ? Découvrir le trésor qu’il représente pour nous, pour nos familles, pour la société ? »
Mgr Piat souhaite que tout un chacun en ce temps de Noël puisse être disponible pour l’autre, en commençant par les gens de notre propre entourage, soit la famille et les amis, à travers les choses simples. « Notre temps, notre attention, notre écoute sont les choses les plus précieuses que nous pouvons donner à Noël et décider de donner tout au long de l’année. Donnons-les généreusement à notre conjoint, à nos enfants, à nos parents, à nos frères et soeurs. Et alors, la joie de Noël envahira notre famille. Et alors aussi, cette joie aura tendance à déborder au-delà de notre famille pour aller rejoindre d’autres familles – celles que nous connaissons, mais aussi peut-être celles que nous ne connaissons pas encore et qui sont isolées ou marginalisées, sans soutien et sans goût de vivre ». Il y a, dit Mgr Piat, des familles aisées qui ont décidé de faire connaissance avec d’autres familles qui sont dans le besoin. Ces bienfaiteurs, ajoute Mgr Piat, ne donnent pas que du matériel mais s’engagent à rencontrer l’autre famille et à prendre du temps pour mieux se connaître. « Petit à petit, les deux familles découvrent que chacune peut apporter quelque chose à l’autre. Et alors une amitié vraie commence à germer. Même si à la surface ces deux familles restent différentes, elles se découvrent, à un niveau plus profond, comme des frères et des soeurs d’une famille plus large. Alors, elles apprennent beaucoup les unes des autres, et s’enrichissent mutuellement de cette amitié partagée ». Il ajoute que les familles qui ont commencé à vivre ce type de rencontre vivent vraiment Noël chaque jour. « Si tu veux être artisan de paix, en vérité, ne te contente pas de donner quelque chose de ton superflu. Donne ce qu’aucun argent ne peut acheter : deviens le frère, la soeur du pauvre. Il a au moins autant à t’apporter à toi que toi tu peux lui apporter à lui. C’est dans ce type de rencontre que se trouve la joie de Noël. Et c’est cette joie que je vous souhaite à tous ».