La 50e messe des malades a été célébrée hier à Marie-Reine de la Paix. Dans son homélie, le père Sullivan a remercié le Seigneur pour les malades venus des quatre coins de l’île qui, dit-il, « rappellent aux hommes leur fragilité » malgré leur ambition de faire avancer le monde et leur sentiment de toute puissance. Le vicaire général a plaidé davantage pour « la toute puissance du coeur et de l’amour », qui est la « seule toute puissance » qu’on peut reconnaître à l’homme.
Cette année encore, la messe des malades qui nécessite une forte mobilisation, s’est bien déroulée, grâce à l’aide de l’Association des Brancardiers, fondée en 1951 par Louis Espitalier-Noël, et le soutien de la SMF pour transporter les malades. Longtemps célébrée par le père Henri Souchon, ancien curé de l’Immaculée Conception, cette messe a réuni comme d’habitude, des malades venus des quatre coins de l’île.
Le père Gérard Sullivan, qui a été sérieusement malade, s’est, comme l’an dernier, dit proche de tous les invalides et handicapés. Il a confié avoir découvert une signification profonde aux souffrances de ces personnes. Le rassemblement des malades à cette messe, selon lui, vient rappeler un aspect essentiel chez l’être humain. « Vous pouvez avoir l’impression de ne pas avoir de place dans ce monde. Vous vous sentez inefficaces dans une société où prime la productivité, où nous sommes touchés par la crise financière et où l’homme cherche tous types de systèmes pour développer la science, l’économie… Réunion après réunion, on ne trouve pas de solution aux problèmes ou si on en trouve, cela ne représente qu’une goutte d’eau… Même ceux qui sont très intelligents ont leur faille. Au milieu de tout cela, il y a vous, les malades et handicapés. Vous êtes là pour nous rappeler quelque chose que nous tendons à oublier ». Le monde, selon le prêtre, oublie que l’homme est fragile. Et d’ajouter : « Lom ena enn bel intelizans pou li devlop limanite. Me, Bon Die finn donn li osi enn leker. So leker pe raptise ». Gérard Sullivan a comparé l’homme moderne aux extraterrestres « avek enn latet gro ek enn lekor tipti ». Les hommes, sont désireux, dit-il, à dominer le monde, à devenir encore plus intelligents et à avoir encore plus d’argent. Mais, les malades viennent nous rappeler qu’en dépit de toutes ces ambitions, l’homme reste un être fragile.
Selon le père Sullivan, c’est en reconnaissant cette faiblesse et cette fragilité que nous sommes mieux à même de ressentir la présence de Dieu. Même s’il est vrai, dit-il, que souvent, la souffrance vient semer le doute quant à la bonté et la présence de Dieu. Mais, en même temps, poursuit-il, nombreux sont ceux aussi qui, grâce à leur souffrance et vulnérabilité, deviennent une source d’énergie et de force pour tous ceux qui les entourent.
Pour le vicaire général, les malades viennent montrer au monde ce qu’il ne veut pas voir. « Nous vivons dans un monde qui ne veut plus voir la mort en face. On parle d’avortement. On veut trouver un système pour débarrasser le monde de ce qui nous rappelle que nous sommes des êtres fragiles… ».
Selon le père Sullivan, tous les développements qu’ambitionnent les hommes « ne devraient pas nous faire oublier que notre seule force réside dans notre capacité à développer notre coeur, à être attentifs, solidaires et en communion les uns avec les autres. La seule toute puissance que nous pouvons reconnaître à l’homme, c’est lorsqu’il montre sa grandeur d’âme. C’est la toute puissance du coeur et de l’amour ». Le prêtre a dit un grand merci aux malades et handicapés pour ce rappel.
À la fin de la messe, a eu lieu une procession comprenant la présentation du Saint-Sacrement aux malades.