La Commission diocésaine du tourisme célébrera la 26e édition de la Messe du tourisme le 27 septembre en l’église de Sainte-Croix. L’accent sera mis cette année sur l’écologie à travers le thème « La foi en Dieu, source d’énergie durable ». Expliquant lors d’une conférence de presse hier pourquoi l’Église catholique s’intéresse au développement du tourisme depuis plus de 25 ans, le père Philippe Goupille, délégué du Diocèse de Port-Louis pour la Pastorale du tourisme, a soutenu que « protéger l’environnement, c’est, pour les croyants, reconnaître que la beauté de la nature est un don de Dieu ». Pour sa part, Malenn Oodiah, sociologue, juge impérieuse la prise en considération de la dimension écologique en pareille période de crise mondiale, « sans quoi on ne va pas s’en sortir ». Selon lui, « l’enjeu aujourd’hui, c’est ce qu’il faut faire pour un tourisme durable. Ce n’est pas un choix, c’est une nécessité ».
Ki Bon Die ena pou fer dan tourism ? Le père Goupille a répondu à cette question lors d’une conférence de presse hier à la MTPA et qui avait réuni plusieurs acteurs du monde du tourisme à Maurice. Le porte-parole du diocèse pour cet événement a commencé par rappeler que la prise de position du cardinal Jean Margéot en faveur du tourisme dans les années 80 avait suscité l’étonnement parmi le public. « Beaucoup pensaient que l’Église catholique ne pouvait accueillir un tel phénomène avec optimisme. » Le cardinal, qui s’intéressait beaucoup aux réalités sociales et économiques du pays, avait en effet intitulé l’une de ses lettres pastorales « Le Tourisme, une chance pour Maurice. »
L’intérêt de l’Église pour le tourisme s’explique, selon le père Goupille, par deux raisons principales. D’abord, « il s’agit du bonheur de l’homme, des familles qui trouvent de l’emploi dans ce secteur économique et pour nous, la cause de l’homme, c’est la cause de Dieu ». Par ailleurs, « l’Église a toujours favorisé les échanges entre les populations, les cultures. Les voyages entrepris par les hommes favorisent la fraternité entre les peuples ».
Le représentant du diocèse devait d’autre part montrer que « quand nous parlons d’énergie renouvelable, les croyants de toutes les grandes religions reconnaissent Dieu comme l’auteur de la création ». Et d’ajouter : « Protéger l’environnement, c’est, pour les croyants, reconnaître que la beauté de la nature est un don de Dieu et qu’elle a été confiée à l’homme pour en être l’intendant et le serviteur. Cette conviction se trouve dans la Bible, dans le Coran et dans les textes sacrés de l’hindouisme. » Selon le prêtre, il reste encore beaucoup à faire pour conscientiser les citoyens et la Commission diocésaine du tourisme « veut apporter une petite pierre dans ce grand édifice qui est l’éducation de notre peuple, spécialement des jeunes et des enfants ».
Tourisme durable
Pour Malenn Oodiah, sociologue et directeur de communication du groupe Beachcomber, « au milieu de la crise économique mondiale, il faut veiller à ce que la dimension écologique ne soit pas oubliée ». Il qualifie la crise mondiale de « crise systémique, c’est-à-dire, pas qu’économique mais écologique, alimentaire et énergétique ». Bien que le tourisme ne soit, dit-il, pas trop affecté encore, il voit dans cette crise une nouveauté dans le sens où « il faudra intégrer la dimension écologique sans quoi on ne va pas s’en sortir ». S’il reconnaît que le tourisme peut avoir des conséquences négatives sur l’environnement, il ne faut pas, selon lui, adopter une position « intégriste » et dire « on ne peut toucher à la nature ». Selon lui, « le tourisme peut et doit être une opportunité pour l’écologie ». Ainsi, dit-il, avoir des pratiques saines dans le pays à l’exemple du concept Maurice Ile Durable, peut constituer un argument de vente.  Et de conclure : « L’enjeu aujourd’hui, c’est ce qu’on doit faire pour un tourisme durable. Ce n’est même pas un choix, c’est une nécessité. C’est au coeur même de toute démarche de développement. »
Maryline Marion, présidente de l’Association of Inbound Operators of Mauritius, qui regroupe une quinzaine de tour-opérateurs, a fait part des efforts consentis par ces derniers pour sauvegarder l’environnement. Elle a cité en exemple le renforcement des capacités des guides touristiques à sensibiliser à la protection de l’environnement. « En 2012, nous avons réduit notre émission de carbone de 35 % », annonce-t-elle.
Vishnee Sowamber, de Lux Island Resorts, et Christophe Hugues-Grégoire, de Constance Belle-Mare Plage, ont partagé les réalisations menées par leurs groupes respectifs pour protéger l’environnement à l’exemple de la mise en place d’un programme de réduction de consommation d’énergie.
Pour rappel, la Journée mondiale du tourisme (JMT) a été célébrée à partir de 1980 à l’initiative de l’Organisation mondiale du tourisme et c’est la date du 27 septembre qui a été retenue pour marquer la Journée. L’objectif est la prise de conscience de l’importance du tourisme sur le plan social, culturel, économique et politique. Le thème choisi par la Commission diocésaine cette année a été guidé par celui de la JMT 2012 : « Tourisme et Énergie durable : propulser le développement durable. »
La Commission a été lancée en 1987 après le congrès organisé par les Nations unies à Maurice sur l’impact du tourisme dans les pays du tiers-monde.
La Messe du Tourisme sera célébrée à 14 h en l’église de Sainte-Croix.