La sauvegarde de l’environnement a été au coeur de la messe solennelle célébrée ce matin à l’occasion de la Fête de Saint Louis, patron du diocèse de Port-Louis et de la capitale. Chants, prières, texte d’Évangile et l’homélie prononcée par le père Philippe Goupille ont convergé dans cette direction. Si les scientifiques, dit ce dernier, sont d’accord aujourd’hui sur les moyens à employer pour sauver la Terre, le plus important reste à faire, soit « agir » en prenant « des actions concrètes ». « Et c’est là que se situe le véritable défi, il faut un changement des mentalités. À l’île Maurice, est-il possible d’envisager un tel remaniement ? »
La célébration était présidée par Mgr Piat, évêque de Port-Louis, en présence de l’ensemble du clergé et de Mgr Ian Ernest, évêque de Maurice. Comme le veut la tradition, les officiels du pays y avaient également été invités. Étaient présents ce matin, le Premier ministre et le Premier ministre adjoint, la Présidente de la République, le leader de l’Opposition, d’autres membres du gouvernement, le lord-maire, des députés ainsi que des membres du Conseil des religions.
Dans l’introduction à la messe, l’évêque de Port-Louis a souligné les qualités de Saint Louis dans sa manière d’administrer la vie publique en disant qu’il a été un « modèle ». « Saint Louis a été non seulement un grand gouvernant, mais il a placé l’humain au centre de ses préoccupations. Il a été un modèle de gouvernant dans son temps. Le pape François nous propose un modèle de gouvernance pour aujourd’hui où l’accent est mis sur la protection de l’environnement. C’est ce modèle qui retiendra notre attention au cours de la cérémonie d’aujourd’hui », a dit Mgr Piat.
Dans sa réflexion ce matin, le père Goupille s’est référé justement à l’encyclique du pape François sur la protection de la nature, publiée au mois de juin. Dans son “Laudato Si” (Loué sois-tu), François exhorte tous les acteurs mondiaux à s’entendre pour sauver la Planète Terre, qu’il qualifie de « maison commune », et le père Goupille a cité l’appel lancé par le chef de l’Église Catholique dans cette direction. « Le pape François nous dit : “Le défi urgent de sauvegarder notre maison commune inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral, car nous savons que les choses peuvent changer”. Ou encore “l’humanité possède encore la capacité de collaborer pour construire notre maison commune” ».
Selon le père Goupille, le constat est déjà fait au sujet de l’état de la planète Terre et il y a urgence de passer à l’action. « Tous les scientifiques sont d’accord que nous sommes arrivés au bord du précipice et qu’il ne nous reste que bien peu de temps pour renverser le processus de destruction de notre planète Terre, notre maison commune ».
Le père Goupille garde un ton optimisme sur cet impératif pour les Mauriciens aujourd’hui de changer de mentalité vis-à-vis de la planète en citant des domaines où dans le passé la population s’est adaptée aux changements nécessaires. À titre d’exemple il a mentionné la réussite de la stratégie adoptée par le gouvernement en 1962 pour contrôler le problème démographique. Le père Goupille est conscient qu’il s’agit bien d’un défi à relever concernant ce changement de mentalité souhaité des Mauriciens par rapport à l’écologie et qu’il ne faut épargner aucun effort pour y arriver. Il est convaincu que les religions peuvent apporter une contribution certaine dans ce combat, en soulignant que la collaboration de l’interreligieux dans un passé récent sur certaines questions d’intérêt commun « a porté beaucoup de fruits ». Il a suggéré ce matin une synergie religions-ONG-État pour « changer les mentalités ». « Devant ces défis si importants pour l’humanité comme pour notre pays, nous avons besoin de toutes les ressources disponibles, et j’ai pensé que pour l’île Maurice nous pourrions faire un appel à toutes les religions qui existent dans notre pays pour qu’elles travaillent ensemble à conscientiser la population et à mener des actions concrètes sur le terrain pour sauver notre patrimoine naturel et culturel ». Il ajoute qu’en préparant son homélie il a été frappé par la convergence des enseignements de la Bible, du Coran et des écritures sacrées de l’Hindouisme. « Pour ancrer notre action dans le solide il faut puiser de nos textes sacrés et travailler à ce que les scientifiques appellent actuellement l’intertextualité. Le respect et l’entente entre les religions passent par l’action concrète sur le terrain au service de l’homme, mais aussi au niveau de la recherche de notre inspiration dans les textes sacrés ».
Dans le dernier volet de son homélie le père Goupille a proposé quatre domaines, l’éducation, le combat contre la pauvreté, le secteur maritime et le style de vie, où des actions concères peuvent être initiées pour aider à la sauvegarde de l’environnement.