L’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, a préconisé un dialogue ouvert et sincère entre l’Église et les responsables de la cité, les responsables politiques du pays. C’était lors de la traditionnelle messe célébrée à la Cathédrale St-Louis à l’occasion de la fête du même nom. La messe a été dite en présence des dirigeants du pays dont le président de la République Kailash Purryag, le Premier ministre Navin Ramgoolam, le leader de l’Opposition Alan Ganoo et le Lord-maire Aslam Hossenally.
Après s’être longuement appesanti sur la façon dont l’Église catholique a entrepris de « balayer devant sa porte » tant sur le plan international que local, l’évêque de Port-Louis a observé que « les institutions de l’Église ont des problèmes similaires à ceux de la société civile ». Or, a-t-il observé, la société comme l’Église disposent aussi de ressources similaires : en particulier celle, précieuse entre toutes, des citoyens sincères et désintéressés qui, en dehors de l’Église comme dans l’Église, travaillent vraiment au développement humain authentique de tous les Mauriciens, surtout des plus pauvres. « Mettons nos ressources en commun, car nous avons aussi un but commun : servir le peuple et nous entraider dans la recherche de ce qui est vraiment juste et droit », a dit Mgr Maurice Piat.
L’évêque de Port-Louis a mis les points sur les “i” en insistant sur le fait que « nous ne sommes pas là pour nous critiquer mutuellement, ni pour nous flatter mutuellement et encore moins pour nous utiliser mutuellement à des fins étroitement partisanes ». « Nous sommes là simplement pour servir le développement humain du peuple mauricien dans toute sa diversité, chacun à partir de son lieu de vie et avec ses responsabilités propres. Or, seul un attachement sans faille à ce qui est juste et droit peut nous assurer la paix solide et durable qui permet un tel développement », dit-il.
Mgr Maurice Piat a expliqué que la tradition catholique a toujours affirmé que les normes morales objectives qui dirigent une action droite sont accessibles à la raison, c’est-à-dire à tout homme qui cherche sincèrement ce qui est droit. « C’est pourquoi le rôle de l’Église dans la cité n’est pas de fournir ces normes comme si elles n’étaient pas déjà accessibles à tous ; son rôle est encore moins de proposer des solutions politiques ou économiques concrètes, ce qui est en dehors de sa compétence. Elle n’a pas de leçon à donner. Mais comme l’Église est engagée dans ce service de l’homme au titre même de sa mission, elle souhaite entrer dans un dialogue ouvert et sincère avec les responsables de la cité ». L’évêque de Port-Louis estime que dans un climat de respect et de confiance mutuelle, « nous pouvons nous entraider à purifier nos motivations et à nous attacher, sans flancher, à ce qui est objectivement juste pour le développement humain du peuple ».