Nous sommes dans une période de transition entre l’été et l’hiver. À quelques jours de la publication du prochain Winter Outlook, rapport sur les prévisions météorologiques hivernales, la station météo de Vacoas dresse un bilan de l’été dernier qui a été marqué par l’arrivée très tardive des pluies, une des conséquences du changement climatique, soutient Rajan Mungra, Deputy Director des Services météorologiques mauriciens.
Le changement climatique modifie les paramètres météorologiques. Que ce soit à Maurice ou dans d’autres pays où il se manifeste sous des formes diverses — canicule, hiver sans neige, dérèglement du climat jusqu’à faire croire qu’il n’y a plus de saisons, la fonte des glaciers, la montée du niveau des océans, les inondations dans un coin d’un continent tandis qu’un autre subit de terribles sécheresses, entre autres.
À Maurice, le changement climatique a été une des causes principales ayant bouleversé l’arrivée des pluies estivales, censées arriver en janvier/février. En effet, durant l’été dernier — qui a officiellement pris fin le 30 avril —, les pluies se sont produites en mars et avril, soit à la fin de la saison. En février, le pays se trouvait en déficit pluviométrique. Cela a été le cas précisément depuis mars 2010.
Dans une interview au Mauricien, le Deputy Director des Services météorologiques expliquait qu’auparavant, les premières pluies d’été arrivaient à Maurice au début de décembre, parfois à la mi-décembre. « Maintenant, il pleut de moins en moins en décembre et en janvier », dit-il. Une des conséquences du changement climatique, selon notre interlocuteur. « Il arrive même parfois que des pluies tombent en grande quantité et en peu de temps. Dans d’autres cas, il pleut abondamment pendant une courte durée et s’ensuit alors une longue période où il ne pleut pas », affirme M. Mungra
Les pluies ont pendant plusieurs mois boudé l’île au point de faire de janvier le sixième mois le plus sec depuis 1904 et de février le cinquième le plus sec depuis les vingt dernières années. Pour le plus grand soulagement de tous, les pluies estivales ont fait leur apparition en mars et en avril, à la suite d’épisodes de pluies importantes qui se sont abattues sur l’île, contribuant à rehausser la moyenne de la pluviométrie et à remplir nos réservoirs et nappes phréatiques. Les grosses pluies de mars et avril sont ainsi venues mettre un terme aux 17 mois de déficit pluviométrique.
Ces pluies — outre les mesures prises par la CWA pour consolider le stockage d’eau — ont contribué à remplir le principal réservoir Mare-aux-Vacoas dont le niveau d’eau en février se situait sous la barre des 30 %. Toutefois, selon la tendance observée, le Plateau central a recueilli le moins de pluies et l’Est a été le plus arrosé en recueillant 107 % de sa pluviométrie moyenne la saison dernière. « Les pluies en mars et en avril sont venues conforter la situation, notamment dans la région de Mare-aux-Vacoas qui a recueilli en mars 488 mm de pluies et en avril 489 mm », ajoute Rajan Mungra. Dans l’ensemble, l’été dernier, Maurice a ainsi enregistré une pluviométrie de 85 % de la normale avec 1 141 mm, alors que la moyenne est généralement de 1 344 mm.
La Nina
Une corrélation existe d’emblée entre l’intensité du phénomène La Nina, qui se traduit par un refroidissement périodique de la surface de l’océan et les pluies d’été tardives cette année-ci, selon les explications de Rajan Mungra. « En janvier/février, l’intensité de La Nina était faible à modérée et il a à peine plu à Maurice alors qu’en mars, lorsque l’intensité du phénomène s’est affaiblie, l’on a tout de suite vu apparaître les pluies d’été », explique le Deputy Director des Services météorologiques.
Côté température, le mercure aura été légèrement au-dessus de la moyenne avec, on s’en souvient, une vague de chaleur en février. Pendant près une semaine, des températures supérieures à la moyenne ont été notées, atteignant des pics de 35°C à plusieurs reprises.
Concernant les tempêtes, dix ont été baptisées dans la région — trois ont atteint le stade de tempête tropicale modérée, trois celui de forte tempête tropicale, deux se sont développées en cyclone tropical et deux ont évolué en cyclone tropical intense. La plupart ont été de courte durée. Ethel est passée près des côtes rodriguaises. La seule alerte émise était pour Giovanna où Maurice est passée en alerte I le 10 février à 16 h et en alerte III à 13 h 30 le samedi 11. Le pays est resté en alerte III pendant plus de 22 h.
Commentant dans l’ensemble les données observées l’été dernier, Rajan Mungra affirme que celles-ci se sont plus ou moins rapprochées des prévisions émises pour l’été 2011-2012. Le Winter Outlook 2012 sera quant à lui rendu public bientôt.
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Mare-aux-Vacoas à plus de 83 %
Mare-aux-Vacoas a atteint hier 83,1 % de sa capacité de remplissage. Il s’agit d’une belle remontée comparée à deux mois de cela. Le niveau du stockage en eau à la fois dans les réservoirs et sous la surface s’est amélioré ces deux derniers mois. « Cela ne veut pas pour autant dire que nous devons gaspiller l’eau. Il faut continuer à utiliser l’eau de manière judicieuse afin d’éviter de retomber dans une situation déficitaire dans laquelle nous étions durant plusieurs mois », a déclaré Bishek Narain, responsable de communication de la Central Water Authority. Par ailleurs, un appel à la responsabilité de la population pour ne pas polluer l’eau des rivières est lancé, car elle est captée pour alimenter les réservoirs.