Les services de la météorologie sont devenus incontournables pour le bon déroulement de notre vie de tous les jours. Que ce soit pour décider des vêtements que nous allons porter, ou connaître les précautions ou dispositions à prendre pour la préparation d’un événement, les bulletins météo donnent beaucoup d’indications. Derrière l’émission de ces communiqués quotidiens, des hommes et des femmes sont à l’affût de la moindre fluctuation dans l’atmosphère afin de livrer les prévisions les plus correctes possibles.
En ce vendredi après-midi à la station météorologique de Vacoas, c’est le calme plat. Bien que tout le monde travaille, l’ambiance est plutôt bon enfant. Ce qui est loin d’être le cas lors du passage d’un cyclone, qui voit régner l’effervescence, voire même l’excitation, comme l’explique la météorologue Surekha Ramessur. Dans le métier depuis une dizaine d’années, elle est ravie d’être à sa place. Heureuse et épanouie, car ses journées sont loin d’être monotones. Chaque jour est différent, avec son lot d’imprévu. “L’atmosphère n’est pas statique mais dynamique, donc en constante évolution”, souligne-t-elle.
Vision globale.
Pour arriver à la rédaction du bulletin météorologique que nous entendons à la radio ou à la télévision, plusieurs étapes doivent être franchies. “Le prévisionniste prépare un bulletin à partir des observations qu’il a sous la main et donne son interprétation de l’évolution de la situation, en la justifiant lors d’un briefing. Il se base aussi sur des modèles numériques et les données des stations automatiques.” Le briefing officiel a lieu chaque matin avec le management, qui comprend le directeur de la station et son assistant, entre autres. C’est un exercice qui est fait systématiquement pour le bon suivi de la situation.
Le premier bulletin est préparé par l’équipe du soir dès 4 h 00. Un ballon-sonde est lancé deux heures plus tôt pour recueillir des renseignements atmosphériques en vertical : le taux d’humidité, la pression atmosphérique, la température, etc. À partir de là, une carte synoptique (qui offre une vue générale permettant de voir tout un ensemble d’un seul coup d’oeil) est dressée pour bien situer les différents systèmes qui évoluent dans la région. Des informations sont aussi recueillies des stations terrestres de St Brandon, Rodrigues, Agalega et Plaisance, en sus du dispositif dont dispose la station de Vacoas. Les images satellites et les observations des autres stations météorologiques de la région sont aussi prises en considération, ainsi que les modèles numériques.
Des bouées placées dans l’océan transmettent des informations en temps réel sur l’état de la mer et la hauteur des vagues. Les prévisionnistes peuvent alors déterminer si la mer est calme, agitée ou houleuse. La météorologue nous fait comprendre qu’il est important d’avoir une vision globale de ce qui se passe dans le bassin sud-ouest de l’océan Indien avant de pouvoir dire ce qui peut se passer localement.
Zone dégagée.
Surekha Ramessur fait également ressortir que la station météorologique ne prépare pas uniquement des bulletins pour le grand public. Elle doit aussi faire des prévisions maritimes et pour l’aviation civile. “Le plan de vol d’un avion, la quantité de carburant et le volume de bagages dépendent des indications que nous donnons”, explique-t-elle. C’est pour cette raison que le service fonctionne 24/24, afin de toujours être en mesure de constater tout changement atmosphérique. Les relevés sont pris continuellement et en même temps dans chaque station de la région. Un bulletin est émis simultanément par la suite, et les informations sont partagées. La station météorologique de Vacoas étant membre de l’Organisation mondiale de météorologie, elle fait donc partie du vaste réseau des stations météorologiques du monde entier.
La vigilance est par ailleurs accentuée en ce qui concerne la hauteur des vagues et les secousses sismiques. Dans la salle de contrôle, prévisionnistes et météorologues disposent de plusieurs ordinateurs où ils peuvent observer en temps réel ce qui se passe à différents niveaux. Sur un des écrans d’ordinateur, nous pouvons voir les donnés reçues du sismographe. À ce niveau, la station de Vacoas dispose d’un système automatique qui déclenche une alarme dès qu’une anomalie est constatée. Plus loin, les clichés pris par les satellites défilent et montrent que notre île se trouve dans une zone relativement dégagée. Ce qui indique qu’il n’y aura pas de grosses averses dans les prochains jours. Cela ne veut nullement dire que prévisionnistes et météorologues chôment en l’absence de systèmes majeurs.
Probabilités.
Le travail d’observation est permanent, peu importe le temps qu’il fait, surtout en raison de l’échange d’informations avec les autres stations météorologiques de la région.
Il est à noter que les prévisions sont valides pour cinq à dix jours, et ne sont que des indications sur l’évolution du temps selon les différentes observations effectuées. Surekha Ramessur insiste sur le fait que la météorologie est une science qui se base sur des probabilités. Les bulletins émis ne sont donc que des projections pour les 24 heures qui suivent.
Signalons aussi que la première station météorologique a vu le jour à Pamplemousses en 1774, avant d’être transférée à Vacoas.
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
La Journée mondiale de la Météorologie est célébrée chaque année le 23 mars. Outre de commémorer l’entrée en vigueur, le 23 mars 1950, de la Convention de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) instituant la création de l’Organisation, c’est l’occasion de rendre hommage à ces hommes et ces femmes qui scrutent le ciel en permanence pour donner une indication du temps qu’il fera. Grâce à leur travail, il est possible d’assurer la protection des personnes et des biens. Le suivi des phénomènes météorologiques aide ainsi les pays à concrétiser un développement économique durable, d’où le thème choisi cette année : “Le temps, le climat et l’eau, moteurs de notre avenir.”
L’OMM compte 189 membres à ce jour, et cette Journée est célébrée par toute la communauté météorologique.