“L’État ne peut être un Drug supplier. Ce qui est le cas avec la méthadone. Nous devons revoir cela”. C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Santé vendredi lors d’une conférence de presse largement consacrée au programme de la méthadone que le ministère de la Santé met en suspens concernant les toxicomanes sur la liste d’attente. Pour eux, sans pour autant que le ministère puisse dire ce qu’il adviendra, il sera question d’un “screening rigoureux” en vue d’une “alternative mode of treatment”. Quand? Comment?  Le ministre de la Santé n’a aucune réponse
Si le programme de distribution de méthadone, institué en 2006 après avoir été approuvé par le gouvernement MSM/MMM, continue pour l’heure, les toxicomanes souhaitant décrocher et se trouvant sur la liste d’attente devront repasser. Pour cause: le ministère de la Santé a décidé de revoir la méthode. Pas de nouveau programme en vue cependant. Il faudra attendre les conclusions du “screening rigoureux” dont chaque toxicomane sur la liste d’attente fera l’objet, avant qu’une décision de l’“alternative mode of treatment” ne soit prise. En attendant, ces victimes de la drogue restent dans le flou, le ministre n’ayant pu répondre à la presse sur la question de quand commencera ce screening, ni comment ce screening sera effectué. Il avoue également que l’alternative “mode of treatment” qui sera proposée est encore en train d’être étudiée et dépendra du “screening rigoureux”.
Mais déjà, alors que l’Etat dépenserait quelque Rs 50 millions annuellement pour le programme de méthadone, le ministre Anil Gayan laisse comprendre sa position quand il s’agit des traitements pour combattre la drogue. “L’État ne peut pas être un drug supplier. Quand il donne de la méthadone, c’est ce qu’il est en train de faire. Cela n’est pas possible”, a-t-il expliqué. L’objectif du gouvernement est “de décourager les gens à commencer avec la drogue”. Or, ce fléau continue de faire des ravages et la situation empire ces derniers temps avec l’entrée en scène de drogues synthétiques. Mais, là encore, le ministère de la Santé ne semble pas avoir de politique définie pour combattre ce fléau.
Dans sa conférence de presse, Anil Gayan a concédé ne détenir aucune information concrète à ce sujet si ce n’est qu’il a fait plusieurs victimes dont un mort et qu’il proviendrait de Chine, lance un appel à la population pour venir de l’avant et dénoncer un quelconque trafic dont elle serait au courant. C’est dans cet esprit de dénonciation et de combat que la Commission d’enquête sur la drogue a été instituée dit-il. Misant sur la responsabilité de toute la population pour combattre la drogue, le ministre appelle à ce que tous les stakeholders de ce combat “aient un accountability”. Cette réflexion fait suite à une question de la presse quant à la contribution des Ong dans la lutte contre la drogue. D’emblée, le ministre, estimant qu’”il y a souvent des spéculations dans la presse et des articles non-fondés”, réclame que “les journalistes aillent interroger le travail de ces directeurs d’Ong qui touchent Rs 250, 000 par mois”. 
Anil Gayan annonce par ailleurs qu’il compte revoir le rôle de la NaTRESA. Pourquoi? “Il faut revoir”, répond-il. Et d’ajouter que dans le sillage, outre la Commission d’enquête sur la drogue, son ministère pense mettre sur pied un observatoire permanent pour la drogue. Ce projet sera prochainement discuté au Conseil des ministres. Quel sera le rôle de cet observatoire? “Mater la drogue”, répond-il, indiquant qu’il n’attend pas les conclusions de la commission d’enquête, mais agira en amont.
A une question de Week-End s’agissant de sa position quant au plaidoyer de Kofi Annan — effectué lors du 68e World Health Assembly en France et à laquelle il assistait — pour une décriminalisation des drogues partant du principe que la guerre contre la drogue a échoué et la nécessité d’une révision de l’approche en matière de Drug policy dans tous les pays, Anil Gayan se montre réticent. “Décriminalisation des drogues? La drogue, c’est un choix. Le choix se fait délibérément. Notre combat est de faire que personne ne fait ce choix. Nous ne pouvons pas donner un certificat de  respectabilité à la drogue!”, dit-il, estimant que les campagnes de sensibilisation doivent s’intensifier.