Scope & Week-End ont rencontré cette mère dans les différentes étapes de sa vie où elle avait témoigné en tant que femme victime de violence, usagère de drogues, travailleuse du sexe. Cindy était un cas extrême. La méthadone lui a permis de reprendre sa vie en main. D’où son souhait que ce programme soit mieux considéré et consolidé pour être réellement efficace. Un appel lancé de son bureau sur son lieu de travail où nous la retrouvons après qu’elle s’est extirpée de l’enfer.
“Aujourd’hui, je suis une femme fière. Oh oui ! Je me dois de le dire haut et fort : je suis fière de moi !” Le visage de Cindy s’éclaire d’un grand sourire pendant qu’elle lève les bras au ciel. “Pour la toute première fois, je souhaite faire ce témoignage à visage découvert. Parce que je suis contente de moi et que je n’ai plus rien à cacher.”
Elle ne sera pas “Cinquella”. C’est ainsi qu’elle nous avait demandé de la prénommer en 2003 pour masquer son identité quand elle avait témoigné dans le cadre du reportage dénonçant l’agression physique et sexuelle des travailleuses du sexe de Port-Louis par des policiers. Quelques années plus tard, elle avait été “Patricia”, pour être le porte-parole des patients sous méthadone. Elle était une anonyme en 2009 lorsqu’il fallait parler des sept points de suture qu’elle avait dû recevoir au front après avoir été agressée impunément par un policier, agacé de la voir se promener dans les rues de Port-Louis.
Cindy s’installe pour la photo, après s’être assurée que sa coiffure est bien en place. Une première photo sur le sofa de l’association AILES de la Résidence Mangalkhan, Floréal, où elle travaille comme Peer Educator et travailleuse sociale de terrain. Ses responsabilités comprennent l’encadrement et le soutien des personnes souffrant de dépendance aux drogues, touchées par le VIH ou les hépatites, ou encore celles vivant dans la grande précarité.