Imran Dhannoo, directeur du Centre Idrice Goomany (CIG) de Plaine-Verte, qui s’occupe des toxicomanes et séropositifs, émet ses réserves sur l’éventualité que le National Detox Centre de Barkly ne soit converti en un centre de traitement de méthadone en ambulatoire. Alors que jusqu’à maintenant, ce centre fonctionne sur une base de traitement en résidentiel. Le travailleur social s’explique…
« Notre représentant sur le board institué au niveau du ministère de la Santé, concernant le traitement à base de méthadone, a été informé que, d’ici peu, le National Detoxification Centre de Barkly ne fonctionnera plus comme un centre résidentiel destiné aux toxicomanes souhaitant se sevrer des substances addictives à base d’opiacés », explique Imran Dhannoo, directeur du Centre Idrice Goomany (CIG), l’un des trois centres locaux, avec la Hindu House et le Help Sewa Sangam, à référer régulièrement des patients pour ce traitement.
Selon les informations circulées, continue notre interlocuteur, « le National Detox Centre devrait commencer à opérer sur un mode ambulatoire au détriment du traitement en résidentiel. » Ce que « regrette » Imran Dhannoo. Qui explique : « cela pour diverses raisons ; notamment les coûts de déplacement du patient et de celui ou celle qui devra l’accompagner ; mais aussi parce que ce changement veut dire que le patient ne sera pas géographiquement coupé de sa région durant les 15 jours d’induction, étape de départ du traitement à base de méthadone. »
Le directeur du CIG ajoute : « l’on sait que les patients qui entrent en cure à Barkly habitent différentes régions du pays. Donc, quand ils doivent venir pour un traitement en ambulatoire, cela implique qu’ils doivent venir chaque jour, le matin, accompagné d’un parent ou d’un garant, et repartir, en compagnie de cette même personne, l’après-midi. Cela implique donc des frais de transport pour deux personnes alors que le traitement en résidentiel ne comprend pas cet aspect. » Le directeur du CIG fait ressortir que « les patients, comme on le sait, de même que leurs proches, sont, pour la plupart, issus de familles en difficulté et aux revenus très faibles. »
Imran Dhannoo explique encore que « pour shifter le traitement du résidentiel à la méthode en ambulatoire, à ce stade, pour Maurice, nous ne sommes pas encore prêts. Il y a déjà tant de problèmes ; comme, par exemple, le contrôle sur les patients. Comment saura-t-on si, en ambulatoire, dès le premier jour, le patient ne prend pas d’autres substances en sus de la méthadone ? »
Dans ce sillage, le directeur du CIG souhaite rencontrer le nouveau ministre de la Santé, Lormus Bundhoo, afin de soulever ces diverses questions.