Les ateliers de rotin se font de plus en plus rares dans le paysage. Meubles ou objets décoratifs sont pourtant très prisés des Mauriciens et des étrangers. Nous avons effectué usn tour dans deux ateliers pour découvrir ce métier qui tend à disparaître.   
M. Augustin, propriétaire de Les Meubles Meunier Ltée, compte vingt ans de métier. Pour sa party, M. Diren, de R.G. Rattan, a pris la relève de son père. Ils sont parmi les derniers à pratiquer un métier qui se fait de plus en plus rare à Maurice. Parmi les problèmes qui ont obligé des artisans du rotin à fermer boutique : la matière première qui coûte cher, moins de main-d’oeuvre et la popularité de meubles importés.
Les meubles en rotin et les objets décoratifs faits en osier apportent une petite touche exotique. Fabriqués principalement à la main, ils ont toujours la cote.
Fabrication.
La première étape de fabrication de fauteuils chez Les Meubles Meunier est de passer la tige de rotin au chalumeau. “Il faut d’abord réchauffer le rotin. Ensuite, avec un chiffon trempé, le refroidir, pour le rendre plus maniable et pouvoir le plier. Vient ensuite l’étape du vernissage.” Pour faire un fauteuil des plus basiques, il faut compter au moins une journée de travail, affirme un employé de M. Augustin.
Chez R.G. Rattan qui, depuis quelques années, produit uniquement des paniers de construction, il faut commencer par le tissage. “Pour faire ce genre de panier, nous utilisons un rotin beaucoup plus fin, qui est donc plus simple à tisser. Dans la mesure où le travail nécessite moins d’étapes, on peut faire à peu près trois paniers par jour.”
Prix.
À l’atelier de M. Augustin, les commandes se font de plus en plus rares. Mais le propriétaire ne baisse pas pour autant les bras et affirme que pour continuer à exister, “il faut sans cesse créer”. Miroirs, lampes de chevet, fauteuils, entre autres, y sont fabriqués pour donner un meilleur coup d’oeil à l’emplacement. “Il est vrai que ces objets ne sont pas très bon marché. Les prix varient entre Rs 2,800 et Rs 7,000.” Pour sa part, Diren nous apprend que pour les paniers qu’il fabrique, cela dépend du client.
Matière première.
Comme le rotin n’est pas disponible localement, il doit être importé d’Indonésie. Pour nos deux artisans, le problème est identique. “La matière première est devenue très chère. Bien que la situation est difficile, on fait aller”, confie M. Augustin.
Mais pour Diren, la situation est beaucoup plus critique. “O depar, mo ti pe fabrik osi bann meb, me apre, bann materio inn koumans ogmante. Kapav mem dir ki pri la inn double. An enn an, mo kapav servi omwin 21 ton rotin. An plis, kan gouvernman inn tir tax lor bann meb inporte, travay inn diminie.” Une situation, qui depuis un an, a obligé M. Diren à refuser les propositions de travail des hôtels.
Formation.
“Il n’existe pas de formation particulière dans ce métier. Pour ma part, j’ai fait mon apprentissage dans une petite entreprise, mais le travail s’apprend sur le tas”, souligne M. Augustin. C’est lui qui a transmis son savoir à la dizaine d’employés qui travaillent sous son aile.
Quand à M. Diren, son apprentissage, il l’a effectué avec son défunt père. “Se mo papa kinn aprann mwa metie la. Depi mo zanfan, mo inn vire tourne dan so latelie e se lerla ki monn konpran travay la pou kapav pran relev.” Par contre, pour ce dernier, la relève est difficile à trouver. “Mo ena zis trwa travayer. Zordi, pa trouv dimounn mem pou fer sa travay la. Pourtan ena enn ta zenes ki pena travay me zot pares pou aprann. Me relev bizin asire parski se enn metie ki ena valer…”