Eléphant blanc ou réel projet d’utilité publique ? Toujours est-il qu’il existe des acteurs de la société civile qui croient dans les bienfaits du projet Metro Express. Far from the madding crowd des “anti” où se côtoient, pêle-mêle, certes des opposants sincères, mais aussi nombre de contestataires politiquement motivés quand ils ne sont pas, tout simplement, des porte-voix de lobbies intéressés, Week-End donne, cette semaine, la parole à trois des représentants d’organisations favorables à ce projet de mode alternatif de transport en commun par voie ferrée : Suttyadeo Tengur de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs (APEC), Sylvio Michel, leader des Verts fraternels et le syndicaliste Reeaz Chuttoo, négociateur de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP).
Métro, Tramway, Monorail : Suttyadeo Tengur de l’APEC estime qu’importe le nom qu’on lui donne, un nouveau mode de transport en commun par voie ferrée aura surtout pour avantage d’offrir au public voyageur un choix additionnel de se déplacer d’un endroit à l’autre. Aussi, pour lui, ce mode alternatif de transport ne pourra que favoriser encore plus la compétition au profit des voyageurs. Il soutient que cette offre additionnelle de transport en commun ne pourra « qu’empower » encore plus les usagers dans l’esprit même de l’adage à l’effet qu’en toute circonstance « le client est roi ».
L’autre raison pour laquelle l’animateur de l’APEC se déclare favorable au Metro Express : l’épineux problème de congestion routière. Il rappelle que selon les estimations officielles, ce problème qui coûte actuellement Rs 4 milliards au pays lui coûtera, bientôt, Rs 9 milliards à l’horizon 2020. Il fait valoir, par ailleurs, l’incidence d’un trop-plein de véhicules automobiles en tout genre à Maurice sur l’environnement.
Aussi, pour Suttyodeo Tengur, un mode alternatif de transport sur voie ferrée fonctionnant à l’électricité aura pour avantage d’assainir l’air ambiant qui favorisera un mieux-être, notamment pour le public voyageur. Outre son potentiel, selon lui, de stimuler les activités économiques au terme de sa mise en oeuvre, le responsable de l’APEC souligne que de par son ampleur et des investissements qu’il requiert, ce projet de nouveau mode de transport favorisera déjà, dans l’immédiat, les métiers de la construction.
Pour sa part, Sylvio Michel, leader des Verts fraternels, rappelle, d’abord, qu’un mode alternatif de transport par voie ferrée est un projet qui remonte aussi loin qu’aux années 1975/76. Ancien député du MMM, il dit se souvenir que le programme électoral des mauves pour les élections générales de décembre 1976 faisait déjà mention d’un projet de monorail. Projet qui, dit-il, allait de nouveau refaire surface dans les années 1980 sous un gouvernement MSM dirigé par sir Anerood Jugnauth.