Paul Bérenger, leader du MMM, juge très contraignant d’imposer aux soumissionnaires qui concourent à l’appel d’offres pour la réalisation du Métro Express de faire des offres dans la limite du budget déjà arrêté de Rs 17 milliards. Il explique en effet que dans ces conditions, les soumissionnaires sont contraints de faire des coupes tant quantitatives que qualitatives en vue de rester dans la limite du budget qui leur est imposé. Paul Bérenger appelle, d’autre part, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, à s’expliquer à propos de la bande sonore mise en ligne sur des sites d’information et qui se rapporterait à un “deal” qui aurait été proposé à Dawood Rawat au tout début de l’éclatement de l’affaire BAI.
À propos du projet de Métro Express, Paul Bérenger trouve que le gouvernement « joue avec le feu. » Il qualifie de « charabia qui ne veut rien dire » ce qui est annoncé à propos de ce projet dans le communiqué du Conseil des ministres de jeudi. Il juge nettement contraignant d’imposer aux deux sociétés indiennes présélectionnées de faire une offre finale en ne dépassant pas le budget du gouvernement déjà arrêté de Rs 17 milliards pour ce projet.
« Pour respecter cette lourde contrainte, les deux soumissionnaires ne pourront que procéder à des coupes quantitatives et qualitatives comme, par exemple, restreindre au maximum les tronçons où le tracé allait être en surélévation. » Paul Bérenger soutient que, compte tenu de ces contraintes, l’une des deux sociétés soumissionnaires aurait décidé de tout abandonner. Pour lui, à moins que le Premier ministre ne songe à solliciter une assistance indienne additionnelle pour ce projet de Métro Express, ce serait « jouer avec le feu » que de continuer à envisager sa conception avec une telle contrainte budgétaire imposée dès le départ aux soumissionnaires.
Paul Bérenger trouve par ailleurs que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a haussé les enchères et suscité beaucoup d’espoirs chez les ex-grévistes de la faim quand il leur a annoncé qu’il solliciterait l’assistance indienne en vue de les rembourser d’un coup tout ce qu’ils ont investi dans le plan Super Cash Back Gold (SCBG) et les produits de Bramer Asset Management (BAM) du défunt groupe BAI. « On verra bien au cas où l’Inde nous faisait savoir qu’elle ne peut rien faire pour nous. Mais si les Indiens acceptaient de nous aider, il restera à savoir si cette assistance se fera sous la forme d’une nouvelle subvention ou s’il s’agira d’un prêt sous forme d’une ligne de crédit », explique le leader du MMM.
Il souligne que si l’Inde avançait éventuellement un prêt, celui-ci ne pourrait qu’alourdir un peu plus la dette publique dont le taux a déjà dépassé les 65%, alors même que le seuil maximal à ne jamais franchir est de 60%. Il soutient que ce taux alarmant de plus de 65% ne tient déjà pas compte de l’endettement autour de la gestion de l’affaire BAI, dont les Rs 3,5 milliards avancées à l’État par la Banque de Maurice (BoM).
Le leader des mauves évoque, de même, le déficit budgétaire qui, dit-il, est à 3,9% en tenant compte des “Special Funds”. Paul Bérenger explique que ce chiffre tient compte d’une première tranche de Rs 1,9 milliard qui devrait être puisée de l’aide indienne pour le Métro Express. Au cas où, souligne-t-il, cette somme n’est pas débloquée d’ici à fin juin, le déficit budgétaire devrait atteindre 4%, alors que, explique le leader du MMM, il est estimé qu’un déficit budgétaire devient déraisonnable au-delà des 3%.
« Mieux vaut tard que jamais », commente Paul Bérenger par rapport à la ratification, enfin, par Maurice de l’International Solar Alliance, accord conjointement parrainé par l’Inde et la France portant sur le développement de l’énergie solaire et qui avait été lancé au Sommet de la COP 21 à Paris. « Alors que les dirigeants mauriciens ne ratent pas une seule occasion pour aller demander de l’aide, il était inacceptable que nous avions jusqu’alors oublié d’adhérer à cet accord pour lequel l’Inde a prévu un budget de $ 2 milliards aux pays en développement », explique le leader du MMM. La ratification de cet accord par Maurice se fera dans le cadre de la présente visite de Pravind Jugnauth en Inde.