« Nou pann gagn enn roupi, nou pann gagn enn landrwa kot pou ale. Kot nou pou ale ? » Tel est le cri du coeur du président de l’Union Sociale Développement, Azam Rujabali, qui fait partie des propriétaires appelés à quitter leur maison d’ici le 23 août dans le cadre du projet Metro Express. Lors d’une conférence de presse avec l’association Debout Citoyen, des habitants ont exprimé leur indignation. Une mise en demeure sera logée en Cour suprême lundi pour contrer le projet. Une rencontre était prévue avec le leader de l’opposition en vue de décider de quelle manière ce dernier peut les aider. Par ailleurs, un rallye sera organisé samedi de Coromandel à Vacoas pour protester contre le métro et la hausse des prix des carburants.
Azam Rujabali dit « ne plus avoir envie de manger ni de boire, ni même de dormir ». Il poursuit : « Nous habitons ici depuis tant d’années et on vient coller une affiche adressée aux squatters… Nous ne sommes pas des squatters. Nous sommes propriétaires de nos terres ! »
Il devait une fois de plus avancer que la firme ayant obtenu le contrat, Larsen & Toubro, « a été impliquée dans plusieurs fraudes » en Inde. « La Banque mondiale a même dit qu’il n’a le droit d’avoir aucun contrat. C’est inacceptable qu’il en ait eu un. » Et de soutenir que la JICA, un groupe d’ingénieurs japonais, a déjà attiré l’attention quant au danger que représente cette zone à La Butte pour toute construction, notamment suite aux glissements de terrain. Le 23 août, il dit qu’il « campera » devant le Parlement. « Vinn tir kout de bal lor mwa, mo pou mark listwar. »
À noter enfin que le député du PMSD Patrick Armance, se disant « de tout coeur avec les habitants de La Butte », était présent à la conférence de presse hier. « J’ai appris que les habitants concernés par le tracé du métro dans ma circonscription ont reçu une “notice” pour partir le 23 août (…) Le PMSD a demandé au ministre Bodha au Parlement d’étendre le délai. » Et d’ajouter : « On fait passer ici le métro, qui est susceptible de provoquer des glissements de terrain. Nous allons rencontrer le leader de l’opposition avec les habitants pour décider de la marche à suivre. »