Avec l’élimination de la société de construction de la République populaire de Chine, disqualifiée sur le plan international pour pratiques non conformes à la bonne governance, des contacts approfondis ont été établis avec l’Inde en vue de l’exécution du Mauritius Light Rapid Transit Project. Le coût total de ce projet de métro léger sur le corridor entre Curepipe et Port-Louis, long de 37 kilomètres, est évalué à Rs 22, 9 milliards. Maintenant que la cotation de la firme indienne Afcons Infrastructure Ltd a été retenue, des négociations sur le montage financier, la concession et la gestion de ce projet ont été engagées. Quatre groupes indiens engagés dans l’exploitation du réseau ferroviaire dans la Grande Péninsule ont signifié leur intention d’apporter leur contribution au métro léger mauricien.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien indiquent que des contacts de haut niveau ont été établis au début de ce mois et devront se poursuivre dans les semaines à venir. La décision finale pourrait être annoncée vers la fin du mois prochain. D’aucuns affirment que cette étape pourrait coïncider avec la prochaine visite officielle de la ministre des Affaires étrangères de l’Inde, Sushma Swaraj, à Maurice à la fin du mois d’octobre prochain.
Les détails de cette mission d’État sont actuellement mis au point entre les deux gouvernements et le programme comprendra au moins une séance de travail des membres du gouvernement avec les membres de la délégation indienne. Il n’est pas exclu que New Delhi puisse apporter un appui financier à la réalisation du projet de métro léger de Maurice, dont les détails devront être agréés par les deux gouvernements.
À ce stade, deux sociétés indiennes et pas des moindres, la Delhi Metro Rail Corporation et la RITES Ltd, la société gérant les Indian Railways, ayant une parfaite maîtrise de la gestion ferroviaire que ce soit en Inde ou à l’étranger, se retrouvent en pole position pour se voir confirmer le rôle de gestionnaire et de concessionnaire du Mauritius Light Rail Rapid Transit Project. Toutefois, dans les milieux autorisés à l’hôtel du gouvernement, l’on s’appesantit sur le fait qu’à ce stade, aucune décision finale n’a été prise.
Compte tenu de l’envergure des travaux qui devront s’échelonner sur une période de quatre ans et surtout du poids des investissements, la décision finale devra revenir au conseil des ministres après analyses des aspects techniques, financiers et de gestion de ce projet. Les premières rames devraient être opérationnelles entre Curepipe et Port-Louis en octobre 2018.
RITES Ltd pourrait bénéficier d’un léger avantage vu que la société Indian Railways est une émanation du gouvernement indien. « RITES is a multi-disciplinary consultancy organisation in the fields of transport, infrastructure and related teconologies », et a également réalisé des projets à l’étranger, fait-on comprendre.
De son côté, la Delhi Metro Rail Corporation peut se vanter de gérer le réseau de métro de New Delhi mais cette société s’est également taillé une réputation dans ce secteur hors des frontières indiennes. Ainsi, en 2012, la Delhi Metro rail Corporation a décroché le contrat pour les Management consulting services pour le Jakarta Mass Rapid Transit System en Indonésie. En 2013, elle a décroché le contrat pour la construction du métro de Dhaka au Bangladesh et au début de cette année, elle a été choisie comme consultant pour le métro de Kuwait City.
Funding gap de Rs 8,8 milliards à combler
Confirmant le récent déroulement de discussions de haut niveau avec Maurice, un représentant de la Delhi Metro Rail Corporation a déclaré au quotidien Indian Express du jour que « it is too early to suggest anything. All we can say at the moment is that officials from the Mauritius High Commission are keen on understanding our technology. We have the expertise to develop Metro networks in any terrain now, underground, overground, underwater or any other. In case the Mauritius government decides to take our help, we are well-equipped to do so ».
Le seul élément qui entretient le flou autour du calendrier d’exécution du métro léger est d’ordre politique. Alors qu’il assumait les fonctions de leader de l’opposition, Paul Bérenger avait affirmé que le feu vert pour le démarrage de la construction du métro léger devait revenir au prochain gouvernement issu des urnes. Avec la nouvelle alliance politique entre le Parti travailliste et le MMM, cette question devrait être « thrashed out » au plus haut niveau lors des séances hebdomadaires de tête-à-tête entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger.
Par ailleurs, la Feasibility Study par la Singapore Cooperation Enterprise sur le projet de Light Rapid Transit Project mise sur des revenus de Rs 100 millions par an au début. En vue d’assurer la viabilité de ce projet, il faudra 163 765 passagers par jour avec un maximum de 18 472 pour la pointe horaire du matin. « Ridership of the MLRT is expected to total approximately 50 million passengers per annum in 2018, and grow upward to approximately 54 million passengers per annum by 2038 », soulignent les consultants. Cette performance représente une croissance de 4 % au cours des premiers dix ans et de 4,6 % pour la période subséquente de dix ans.
Le gouvernement a déjà annoncé sa décision de maintenir le barème des tarifs d’autobus sur le trajet couvert par le métro léger ; de ce fait, le rapport de faisabilité identifie un funding gap de Rs 8,8 milliards à être comblé par le gouvernement. « Based on the financial cost and revenue streams estimated, the implementation of the MLRT by the government of Mauritius would result in a funding gap of Rs 8,826 million. The funding gap would result in the need for a government contribution », notent les consultants singapouriens, qui estiment l’apport financier du gouvernement à Rs 586 millions par an sur une période de 20 ans. Ce montant n’inclut pas les coûts d’acquisition obligatoire de terrains sur le tracé du métro léger.