Marcelino Souciant, 55 ans, est ébéniste spécialisé dans la fabrication de meubles d’art. Inspirées de meubles de l’antiquité, ses créations se distinguent par leur design spécifique et leur apparence. Marcelino Souciant nous invite dans son atelier où le bois se transforme en oeuvre d’art. Rencontre. 
Marcelino Souciant, qui habite Curepipe, ne jure que par son métier. C’est ce qui l’anime en permanence. “Je suis toujours en train d’imaginer des formes pour les sculptures. Je consulte souvent des catalogues pour voir si je peux m’inspirer de certains dessins qui me plaisent.” Il précise que le client a parfois déjà son idée sur les dessins, mais que c’est souvent lui qui le conseille.
Son atelier est d’apparence modeste, mais ce qui en sort est d’une grande valeur. La plupart des meubles qu’il fabrique y prennent forme, mais d’autres sont fabriqués chez les clients. “Certains clients aiment me voir travailler et veulent superviser ce que je fais. Je vais donc fabriquer les meubles chez eux.”
Dextérité
Quand nous l’avons rencontré, ciseaux en main, il s’attelait à l’encadrement d’un aquarium. La dextérité de l’ouvrier en dit long sur ses années d’expérience. À 15 ans déjà, les rudiments du métier lui ont été transmis par son père. “Je le regardais travailler et je passais mon temps à essayer d’imiter ce qu’il faisait. De fil en aiguille, j’ai appris le travail. Cela fait maintenant trente ans que je le pratique.” 
À l’instar de son père, Marcelino ne jure que par le bois dur et noble. Il utilise trois principaux types de bois : le sapele, le palissandre et le teck. “Chacun se rapporte à un type de meuble. Par exemple, j’ai utilisé le teck pour une armoire parce que les veines d’origine composaient elles-mêmes la décoration. Le palissandre est plus clair. Le must, c’est l’acajou, mais ce bois est devenu très rare.”
Dur labeur
Si l’on en croit l’ébéniste, le métier est très difficile à pratiquer et on a du mal à en vivre. Fabriquer un meuble d’art de a à z requiert énormément de temps et de dur labeur, selon Marcelino. “Il faut compter au minimum un mois et demi pour la plupart des meubles. Je me fais quelquefois aider par des amis. C’est un travail difficile, mais il faut bien que je le fasse pour gagner ma vie.”
Marcelino doit parfois se résoudre à fabriquer des meubles “modernes” pour pouvoir survivre. Malgré cela, il s’accroche et compte même agrandir son atelier.
Le prix des meubles est à la hauteur du dur labeur. Il faut compter environ Rs 35,000 pour un lit, Rs 80,000 pour une table ou encore Rs 10,000 pour un aquarium.