L’enquête sur le meurtre de Benoît Joseph Monty, un maçon de 58 ans, dont le corps a été balancé dans le lagon d’Anse-Jonchée lundi, a connu des développements hier avec l’arrestation du deuxième suspect Kursley Milazar, 32 ans. Les deux prévenus, appréhendés dans cette affaire d’agression sur fond de liaison extraconjugal, sont interrogés sous caméras aux Casernes centrales depuis la matinée.
L’interrogatoire sous caméras est mené par les limiers de la Criminal Investigation Division de la région Sud. Kursley Milazar et J.M.A, l’adolescent de 17 ans, devront donner leur full statement concernant le passage à tabac de Benoît Joseph Monty à la suite d’une violente dispute avec son ancienne compagne. Toutefois, dans le courant de la matinée, aucune indication n’était disponible quant à la date retenue pour la reconstitution des faits.
Dans un entretien accordé au Mauricien, l’ex-compagne de la victime, Chandrawtee Lofur, 40 ans, est revenue sur ce drame qui s’est joué lundi après le lever du soleil. Encore sous le choc, Chandrawtee Lofur soutient que son ex-compagnon a fait brusquement irruption dans sa modeste demeure à Anse-Jonchée. « Mo ti pe bwar dite kan linn vini. Linn koumans trangle mwa ek enn lakord radio. Monn kriye, linn bous mo labous. Monn esay debat me li ti pe peze mem. Lerla mo bo-fis inn leve, inn dir li larg mwa. »  Benoît Joseph Monty aurait pris peur et s’est sauvé. Mais il fut vite rattrapé par  le jeune homme de 17 ans et un de ses amis Kursley Milazar, 32 ans. Il a été roué de coups avant d’être jeté à la mer, inconscient, presqu’en face du domicile des Antoinette et de Chandrawtee.
Benoît Monty voulait que sa compagne revienne vivre avec lui. Cette dernière après avoir déserté le toit de son concubin Louis Antoinette et pris sa fille de 14 ans avec elle, s’est vite mise en ménage avec la victime. Mais faute d’être entretenue dignement, dit-elle, par Jean Benoît Monty, elle devait retourner dimanche au domicile de son concubin avec lequel elle vit depuis 7 ans. Ce n’est qu’après le drame que Louis Antoinette a eu vent de la liaison de sa partenaire. Lui-même père de famille de quatre enfants dont son fils de 17 ans, n’arrive toujours pas à concilier les événements des derniers jours. Sa famille qu’il s’efforce de faire vivre avec sa modeste paie de laboureur a été en l’espace de quelques minutes chamboulée.
Le corps de Jean Benoît Monty, qui est passé du statut d’agresseur à celui de victime pour avoir péri dans les eaux d’Anse-Jonchée à la marée montante, a été découvert quelques heures plus tard. Ce sont les hématomes relevés sur son corps qui ont poussé les enquêteurs de la Central Investigation Division (Sud) à s’orienter sur un foul play. L’examen post-mortem, pratiqué par le médecin légiste de la police, a conclu à une asphyxie due à la noyade.
Gérard Monty, le frère cadet de la victime, un ancien policier de son état, habitant Allée Guède, Mahébourg, devait très vite prendre connaissance du drame. Armé de courage, il s’est rendu au poste de police de Vieux Grand-Port en vue d’identifier la dépouille de son aîné. Par contre, c’est par la presse dit-il, qu’il a appris que son frère a succombé à une agression mortelle et non à une simple noyade.
Benoît Monty laisse derrière lui quatre enfants issus de deux mariages, deux adultes vivant séparément de leur père et une fille de 13 et un garçon de 11 ans qui vivaient toujours avec leur père. Les deux enfants ont été recueillis par un proche de la victime à Ville-Noire en attendant que leur mère biologique daigne faire son apparition. Les funérailles de la victime ont eu lieu hier.
L’enquête policière se poursuit.