Un an après le meurtre de Michaela Harte, une enseignante irlandaise âgée de 28 ans venue passer sa lune de miel au Legends Hotel du groupe Naïade à Grand-Gaube, le procès instruit par le ministère Public, suite à une enquête préliminaire au tribunal de Pamplemousses, sera appelé Pro-Forma aux Assises en ce début d’année. Les deux meurtriers présumés, Avinash Treebhoowon, 29 ans, ancien Room Attendant au Legends, et son collègue Sandip Moneea, 41 ans, Floor Supervisor, devront comparaître devant cette instance judiciaire pour répondre d’une accusation de meurtre avec préméditation.
Deux autres procès seront également appelés demain devant les Assises : celui de Sandiren Pitchee (24 ans) et de sa concubine Ludmilla Veerasamy (33 ans) pour avoir égorgé Sumangal Jalim au début de mars 2007 ; et celui de Sewdath Ghoorbin, 87 ans, accusé du meurtre à coups de canne-épée d’un SDF, Sharma Nathooram, 39 ans.
Demain, cela fera un an et un jour que le corps inerte de Michaela Harte a été découvert dans la chambre 1025 de l’hôtel Legends. Elle venait d’arriver dans le week-end en compagnie de son époux pour sa lune de miel. L’enquête menée par la Major Crime Investigation Team sous la supervision de l’Assistant Commissioner of Police, l’ACP Yousouf Soopun, devait déboucher sur une série d’interpellations d’employés de cet établissement hôtelier.
Deux d’entre eux, Avinash Treebhoowon et Sandip Moneea, ont eu à affronter une enquête préliminaire au cours des mois de juin et de juillet 2011. La magistrate du tribunal de Pamplemousses, Maryse Panglose-Cala, devait les déférer devant les Assises. Le 16 décembre dernier, le Directeur des Poursuites publiques, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, après étude du dossier établi lors de l’enquête préliminaire, a entériné la décision d’instruire un procès aux Assises contre ces deux suspects pour le délit de meurtre avec préméditation aux termes des sections 216, 217 et 222 (1) (a) du Code Pénal.
À ce stade, le ministère Public a dressé une liste de 25 témoins potentiels pour le procès aux Assises. Outre les officiers de police engagés dans cette enquête, le DPP a également inclus le nom de John James McAreavey, l’époux de la victime, qui avait été entendu par des limiers de la CID de Mapou dans la soirée du 10 janvier 2011.
L’inspecteur Ranjit Jokhoo, un des enquêteurs de la MCIT, devait soutenir lors de l’enquête préliminaire qu’à aucun moment dans cette affaire, l’époux de la victime n’a été traité en tant que suspect. D’ailleurs, les faits concordent à soutenir qu’en cet après-midi du lundi 10 janvier 2011, voyant que son épouse tardait à revenir de la chambre 1025, il s’y est rendu en sollicitant une clé de réserve de la réception pour découvrir le cadavre de sa jeune épouse à côté de la baignoire.
Avec l’appel du procès Pro-Forma, demain matin, les deux accusés devront décider s’ils plaideront coupable ou non face aux charges criminelles retenues par le DPP contre eux. L’on prête l’intention aux hommes de loi assurant la défense des deux présumés meurtriers de soumettre des motions devant les Assises en vue d’avoir accès aux Unused Materials compilés par les enquêteurs de la police.
Les deux parties devront ensuite se mettre d’accord au sujet des dates pour le démarrage du procès sur le fond.