Cathaye Mootien, aussi connue sous le nom d’Ayama, âgée de 79 ans, maintient son innocence dans le meurtre de Mantee Murchoyea, âgée de 53 ans, dont le corps avait été découpé en treize morceaux et jeté dans le Bassin Cahin à Petit-Verger, dimanche 23 février dernier. Face à un feu roulant de questions des limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT) pendant au moins quatre heures, hier après-midi, elle a récusé les accusations d’être le cerveau derrière les rituels diaboliques entourant le meurtre de l’habitante de Petite-Rivière. Dans l’entourage du panel d’avocats de la défense, mené par Me Siddartha Hawoldar, l’on remet complètement en question la version des faits de Mardaye Kalinghee en soutenant que cette dernière tente de régler ses comptes avec certains des suspects dans cette affaire. La septuagénaire, qui devra comparaître devant le tribunal de Bambous demain, devra être de nouveau entendue par les enquêteurs pour compléter le premier volet de cet exercice.
« Mo enn vié dimounn. Mo nek res lakaz. Mo pa sorti ditou. Mo pa konn naryen dan sa zafer krim-la », a déclaré en substance Cathaye Mootien aux questions des hommes du chef inspecteur Gérard et de l’inspecteur Jokhoo lors de son audition Under Warning enregistrée sous caméra vidéo. Pendant toute la durée de cet exercice, la septuagénaire n’a ni cédé ni dévié de sa ligne de défense, plaidant l’ignorance totale dans les événements dramatiques du 23 février, du lieu de culte de la région basse des Plaines-Wilhems jusqu’au bassin d’irrigation de Petite-Rivière en passant par la route de Chebel et un champ de cannes à Plaine-des-Papayes.
Toutefois, Ayama a concédé qu’elle connaît Mardaye Kalinghee, habitante de Morcellement Saint-André, dont la version des faits sur ce meurtre a mené aux développements de la semaine dernière. Elle a confirmé qu’elle avait eu plusieurs échanges téléphoniques avec cette suspecte « lor bann zafer dokter » ; « Nou get mem dokter pou nou maladi », devait-elle ajouter en substance à ce sujet pour justifier les multiples appels téléphoniques répertoriés dans le cadre de cette enquête.
Dans l’entourage d’Ayama, l’on soupçonne que les allégations de Mardaye Kalinghee au sujet de la participation de Cathaye Moothien ne tiennent pas la route. « Ou trouv enn bonnfam sa laz pe tini enn lalamp alor ki bann lezot pe koup enn dimounn an morso. Li pas posib. Li pe rakont zistwar et li pe regle so kont avek bann dimounn ar ki linn kapav gagn problem ou pou li tir li dan bez », soutient-on à la conclusion de la première séance d’interrogatoire d’hier.
Par contre, du côté de la MCIT, l’on fait comprendre que la déposition de Mardaye Kalinghee comporte des éléments révélateurs de ce crime horrible. « Bannla kinn kumans par koup lame dimounn-la. Apre zot inn koupe lipie ek lestoma », aurait-elle raconté dans ses aveux à la MCIT. Le van lékol, immatriculé 890 FB 08, utilisé selon les dires de l’habitante de Morcellement Saint-André, a été placé sous séquestre aux Casernes centrales et les résultats d’analyses ADN et autres devront être versés dans le dossier à charge en vue de soutenir les allégations de Mantee Kalinghee.
Les enquêteurs de la police sont conscients qu’ils jouent gros avec les révélations de Kalinghee, qui devront « Stand the Credibility Test as a whole » d’autant plus qu’Ayama clame son innocence. La MCIT poursuit d’autres pistes pour soutenir les accusations contre les suspects ; des efforts sont redoublés en vue retrouver l’arme du crime, soit la tronçonneuse utilisée pour l’opération de découpage de la victime ou encore les vêtements de celle-ci enterrés dans un cimetière à Plaine-des-Papayes.
L’enquête policière se poursuit avec deux suspects potentiels encore en liberté.