Bientôt une semaine après la découverte macabre du Bassin Cahin, Petit-Verger, Petite-Rivière – avec le corps de Bindu Murchoyea, 55 ans, découpé en 13 morceaux, l’enquête policière, sous la supervision de l’assistant commissaire de police, responsable du Central CID, l’ACP Pregassen Vuddamalay, constitue un casse-tête. À hier après-midi, la Special Squad de la police déployée sur ce cas de meurtre commis de sang-froid n’avait aucun indice fiable susceptible de remonter la piste de l’assassin. Dans la conjoncture et compte tenu des laborieuses avancées de l’investigation, les enquêteurs de la police ont procédé à un nouvel interrogatoire du compagnon de la victime dans la journée d’hier.
Selon les indications de sources policières, cette nouvelle séance d’interrogatoire du receveur d’autobus avait comme objectif de contre-vérifier certaines informations recueillies jusqu’ici par les enquêteurs. Répondant aux questions des enquêteurs, il a fait comprendre que sa compagne avait souvent l’habitude de lui prêter des sommes d’argent, vu sa situation financière difficile. Le plus gros montant serait de l’ordre de Rs 2,000. Toutefois, comme ce fut le cas pour son premier interrogatoire, qui s’est déroulé dans l’après-midi de lundi, après la découverte macabre, le compagnon de Bindu Murchoyea a été autorisé à rentrer chez lui après avoir fourni des réponses présentées comme étant satisfaisantes. Aucune information n’était disponible à l’effet de savoir si le receveur sera convoqué à nouveau par la police dans les jours à venir.
Dans la matinée d’hier, les enquêteurs de la Special Squad de la MCIT et de la Criminal Investigation Division de la Western Division ont questionné à nouveau les proches et le voisinage de la victime en vue de ne laisser aucun indice et aucune information de côté. À ce stade de l’enquête policière, au moins cinq maçons, employés tout dernièrement pour la construction de la maison de la victime, les membres de la famille et une coiffeuse ont été entendus par la police. Mais ces séances de questioning n’ont rien donné de concret. Une escouade de la police a également fait le tour des quincailleries de la région de Petite-Rivière en vue de faire un relevé des derniers achats de scie électrique, équipement qui a fort probablement été utilisé pour découper la victime. Toujours dans la matinée d’hier, un important contingent de la police – comprenant des éléments de la Special Support Unit et des enquêteurs et la Dog Section – ont effectué des battues dans les champs de canne du Bassin Cahin à Petit-Verger, Petite-Rivière. Objectif: relever le moindre indice pour donner un coup d’accélérateur à l’enquête. Mais une fois encore, l’opération n’a débouché sur aucun résultat concluant.
Les sources approchées indiquent que deux thèses sont sérieusement étudiées par la police à ce stade. D’abord, suite à certaines informations recueillies sur le terrain, les enquêteurs se sont orientés sur la piste d’un règlement de compte meurtrier à caractère passionnel. Outre le compagnon qui a été interrogé à deux reprises depuis cette découverte macabre, les enquêteurs n’écartent pas la présence d’un second homme dans la vie de Bindu Murchoyea, qui revenait récemment d’un déplacement chez ses deux soeurs en Italie. Le scénario privilégié, en milieu de semaine, par les enquêteurs: l’autre homme aurait sombré dans une rage folle, dimanche, après avoir vu des suçons dans le cou de Bindu Murchoyea.
Le receveur avait lui-même confirmé, au cours de son premier interrogatoire, qu’il avait couché avec sa compagne samedi et qu’il avait laissé des traces de ces actes autour du cou de celle-ci. D’ailleurs, aux funérailles de la victime, mardi après-midi, des policiers avaient été placés dans des coins de rues au cas où ce second homme se pointerait à la cérémonie.
D’autre part, depuis le milieu de la semaine, les enquêteurs tentent de s’assurer si la victime était engagée auparavant dans des actes de sorcellerie ou si elle a un passé de voyante. Un travail de terrain effectué par la police aurait indiqué que certains individus venaient rendre visite à Bindu Murchoyea, chez elle, à Petite-Rivière, pour « fer enn bann travay. » Mais des fois, selon les indications recueillies par la police, ces mêmes personnes revenaient chercher des explications avec Bindu Murchoyea quand les résultats de leurs consultations n’étaient pas satisfaisants.
Quoi qu’il en soit, les policiers engagéss ur cette enquête affirment que jamais un meurtre n’aura été commis avec un tel sang-froid avec le corps de Bindu Murchoyea, démembré et sans tête, flottant dans le Bassin Cahin.