Un peu plus de vingt-quatre heures après la découverte du cadavre sans tête d’une femme dans le bassin Cahin à Petit-Verger, Petite-Rivière, le mystère demeure entier quant aux circonstances de ce drame passionnel. Le corps de la victime, Mantee Murchoyea, 55 ans, habitant Petite-Rivière, complètement mutilé, a été découvert par un planteur de la région, âgé de 61 ans, tôt hier matin. Les deux poignets de la victime, qui étaient manquants jusqu’à ce matin, ont été recouvrés dans trois pieds de boue au fond du bassin, qui a été dévidé de son eau depuis hier après-midi. L’enquête policière, menée par des éléments de la Major Crime Investigation Team du chef inspecteur Rugbur et de l’inspecteur Jokhoo, qui avait initialement privilégié la thèse d’un meurtre lié à un acte de sorcellerie, pourrait être réorientée sur la piste d’un règlement de compte meurtrier à caractère passionnel.
Dans les annales des enquêtes policières, l’on s’appesantit sur la dimension barbare et effroyable de ce meurtre. « De mémoire d’enquêteurs de la police, nous n’avons jamais vu les conséquences d’un tel acte. Pourtant, nous en avons vu des choses », soulignaient des limiers engagés dans cette enquête depuis hier matin. Mantee Murchoyea, qui vivait seule, a été découpée en plusieurs morceaux avec notamment une arme particulièrement tranchante, possiblement une scie électrique pour couper du marbre.
A ce stade, la police se garde de confirmer les spécifications physiques de l’arme utilisée par le meurtrier afin de ne pas entamer l’intégrité de l’enquête en cours. L’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer suppléant, le Dr Maxwell Monvoisin, a attribué les causes du décès à une strangulation. De ce fait, Mantee Murchoyea était déjà sans vie quand le meurtrier a découpé son corps en vue de disperser ses restes dans le bassin Cahin.
La piste d’un nouveau crime passionnel a été évoquée suite à l’audition du compagnon de Mantee Murchoyea, un receveur d’autobus, qui entretenait des relations extraconjugales avec la victime. Répondant aux questions des membres de la MCIT, il a soutenu que pendant la journée de samedi, il a couché avec sa concubine et avait laissé des traces de ces actes autour du cou de celle-ci.
Le receveur d’autobus, qui a rejeté avec force les accusations d’agression mortelle, a su prouver que quand il a quitté le domicile de Mantee Murchoyea, samedi, elle était encore en vie. D’ailleurs, des témoins, en l’occurrence des habitants de Petite-Rivière, affirment avoir vu la victime marchant dans les rues du village à 10 heures, dimanche. Son amant a fourni un alibi de taille pour la journée de dimanche. Ce détail a été confirmé de manière indépendante par la police.
A partir de ces éléments, la MCIT n’écarte pas l’éventualité de la présence d’un second homme dans la vie de cette femme, qui vit seule, deux de ses soeurs vivant en Italie. L’hypothèse probable à être confirmée est que l’autre homme serait devenu fou de rage, dimanche, en voyant des suçons dans le cou de Mantee Murchoyea, d’où l’acte de folie. Depuis ce matin, un autre suspect est activement recherché par la police pour être entendu au sujet de son emploi du temps pour la journée de dimanche en vue d’élucider ce meurtre.
Les enquêteurs soupçonnent fortement que ce suspect fait non seulement partie de l’entourage de la victime mais habite également la région de Petite-Rivière. Pour preuve, ils soutiennent que l’existence de Bassin Cahin à Petit-Verger n’est nullement de notoriété publique, sauf pour les habitants de cette région d’autant plus que le corps sectionné de la victime a été jeté dans ce même bassin d’irrigation dans la nuit de dimanche à lundi.
Après avoir récupéré les poignets de la victime lors d’une opération d’envergure ce matin aux abords de ce bassin, un important contingent de la police, comprenant des enquêteurs de la MCIT, ceux de la  CID de Petite-Rivière, des éléments de la Special Support Unit et de la Dog Section, ont effectué une descente au domicile de la victime à Petite-Rivière. La maison occupée jusqu’ici par Mantee Murchoyea a été fouillée de fond en comble en vue de relever des indices susceptibles de faire progresser l’enquête policière. Le chien renifleur de la police a été mis à contribution.
La priotité de l’enquête policière est de procéder à l’arrestation du meurtrier présumé et également récupérer l’arme du crime.
Dans l’entourage de la victime, l’on confirme qu’elle avait quitté son domicile dimanche pour ne plus donner signe de vie. « La famille était sortie depuis vendredi et la dernière fois que nous avions vu Mantee remonte à jeudi. Elle parlait normalement. Ce n’est qu’en début de soirée dimanche que nous avons commencé à paniquer en ne la voyant pas rentrer. Elle était attendue à la maison dimanche après-midi. Une déposition avait été consignée à la police lundi matin », raconte Neelam Murchoyea, 25 ans, la nièce de la victime.
Les funérailles de la quinquagénaire sont prévues cet après-midi.