Le procès intenté à Jean Brian Christophe Lacloche pour le meurtre de son voisin en 2012 s’est poursuivi hier devant les Assises avec l’audition du dernier témoin de la poursuite, Parveen Buxoo, l’épouse de la victime. Tout au long de l’audience, la mémoire du témoin a été mise à rude épreuve. Si l’avocat de la poursuite, Me Jean Michel Ah Sen, devait à maintes reprises lui lire ses dépositions à la police pour qu’elle se souvienne de ce qu’elle avait relaté sur le drame, l’avocat de la défense, Me Rama Valayden, devait la confronter à ses contradictions, soutenant que sa version en Cour était différente. « Mo pe dir laverite. Amitchand inn mor. Zordi M. Lacloche la mem li pe asize dan lakour. Li kav vinn rakonte limem kinn arive », devait déclarer Parveen Buxoo.
Parveen Buxoo, qui vivait avec la victime rue Ruisseau des Créoles, était présente au moment du drame. Le lendemain de l’incident, elle avait donné trois dépositions à la police dans lesquelles elle avait relaté ce qui s’était passé ce jour-là. Lors de son interrogatoire, Me Jean Michel Ah Sen devait lui demander de revenir sur cet épisode et de raconter ce qui s’était passé. Sauf que, là, le témoin raconte des incidents qui ne figurent pas dans ses dépositions à la police. À plusieurs reprises, Parveen Buxoo devait garder le silence et répondre de façon hésitante, poussant l’avocat de la poursuite à lui dire : « Madam ou pe depose pou fer lalimier dan sa zafer-la. Ou finn fer serman pou dir laverite. Pa per pou koz laverite. » Parveen Buxoo explique alors que plusieurs années se sont écoulées depuis cet incident et que, le jour où elle avait donné ses dépositions, « tout était clair dans ma tête et je me souvenais de tout ». Dans sa déposition, elle avait raconté que, ce jour-là, elle regardait la télé avec son époux quand ce dernier est sorti pour aller acheter des cigarettes. En route, il devait croiser l’accusé qui était en compagnie de deux autres personnes. Il serait rentré et aurait demandé à sa femme de lui donner le sabre. Parveen Buxoo soutient que son époux avait souvent des problèmes avec la famille Lacloche pour l’entretien des toilettes, mais qu’elle était personnellement en bons termes avec l’accusé qui venait souvent frapper à sa porte. Elle devait aussi expliquer que, le jour du drame, Brian Lacloche se serait jeté sur son époux et a commencé à le frapper sans arrêt jusqu’à ce qu’il tombe.
Lors de son contre-interrogatoire, Me Rama Valayden devait la confronter à ses dépositions pour lui faire remarquer que plusieurs choses qu’elle avait dites en Cour n’y figuraient pas. L’avocat devait lui faire remarquer qu’en Cour elle avait insisté sur le fait que son époux avait pris quelques verres de bière car c’est la boisson qu’il consommait toujours alors qu’à la police, elle avait dit qu’il avait bu « de topet rom ». Poursuivant son contre-interrogatoire, Me Rama Valayden a ajouté que Parveen Buxoo avait raconté en cour que dès que Brian Lacloche s’était jeté sur son époux pour le frapper, le sabre est tombé alors que dans sa déposition, elle avait expliqué que Brian LaCloche et ses deux amis lui avaient attrapé les mains et c’est là que le sabre est tombé. Parveen Buxoo maintient cependant que ce qu’elle avait dit à la police « était vrai ». À un moment, Me Valayden fait remarquer au témoin que, dans sa déposition, elle avait parlé du dentier de la victime qui était tombé lorsqu’il a reçu des coups alors que le médecin légiste avait confirmé en Cour que toutes les dents de la victime étaient naturelles. « Mo pe dir ou enn ta zafer ki ou pe dir la pa finn deroule. Ou pe rod exazere », devait lui lancer Me Valayden. « Mo pe dir laverite. Amitchand inn mor. Zordi M. Lacloche lamem li pe asize dan lakour. Li kav vinn rakonte limem kinn arive », a déclaré Parveen Buxoo à la fin. Me Rama Valayden devrait faire “son opening speech” aujourd’hui avant que Brian Lacloche ne soit appelé à déposer.