Le procès intenté à Louis Kennedy Thérèse pour le meurtre de sa grand-mère, Andréa Thérèse, 91 ans, le 22 août 2013, a été entendu hier devant le juge Benjamin Marie-Joseph, siégeant aux Assises. Répondant d’une charge de “manslaughter”, l’accusé avait déclaré n’avoir pas mesuré l’ampleur de ses actes car il était dans une colère noire ce jour-là. Son homme de loi a plaidé pour la clémence de la cour, soutenant que Louis Kennedy Thérèse souffrait d’instabilité mentale au moment des faits et qu’il le regrette aujourd’hui. L’avocat de la Poursuite, Me Shakeel Bhoyroo, a toutefois fait ressortir qu’une personne avait été tuée dans des conditions dramatiques par nul autre que son petit-fils.
Lors du procès hier, seuls deux témoins ont été appelés à la barre, à savoir le Dr Ram Parmessur (psychiatre) et l’inspecteur Ramjad Moollee, le Main Enquiring Officer dans cette affaire. Le médecin a indiqué à la cour qu’avant ce drame, Louis Kennedy Thérèse suivait des traitements mentaux car il souffrait de schizophrénie. Toutefois, il n’était pas venu à ses rendez-vous pendant un certain temps et c’est à partir de là que sa santé mentale se serait détériorée. Le médecin a soutenu que quand il ne prend pas ses médicaments, l’accusé n’arrive pas à se contrôler.
À la demande de l’avocat de la défense, Louis Kennedy Thérèse a été accusé de “manslaughter” le 25 septembre dernier. Dans son rapport, le Dr Parmessur fait ressortir que l’accusé se porte bien et n’a aucun problème mental. Lors de son contre-interrogatoire, mené par Me Dayal, l’homme de loi devait demander au médecin si l’accusé aurait été une personne normale s’il suivait son traitement au moment des faits. « With treatment he is settle down », devait répondre le Dr Parmessur.
L’inspecteur Moollee, pour sa part, a lu les dépositions de l’accusé après son arrestation. On y apprend que Louis Kennedy Thérèse a étudié jusqu’en Form V à l’Unity College avant de prendre emploi dans un hôtel. Quelque temps après, il avait arrêté sa carrière pour travailler comme laboureur. Le 23 août 2013, il s’était rendu au travail comme à l’accoutumée et était rentré à midi. Après le déjeuner, il était parti à l’hôpital de Mahébourg pour se faire ausculter car souffrant d’un problème aux oreilles. Il était ensuite rentré chez lui en taxi. Sa mère devait alors lui demander d’aller chercher un médicament pour elle au dispensaire de la localité.
« Letan monn retourne lakaz, mo finn donn mo mama so medikaman ek la mo granmer finn dir mwa pa sorti deor. Mo finn byen enkoler », a-t-il déclaré à la police. La grand-mère vivait avec lui et ses parents dans une pièce en béton. Une vive discussion aurait alors éclaté, l’accusé finissant par agresser son arrière-grand-mère avec un sabre. Après avoir commis l’irréparable, Louis Kennedy Thérèse a quitté la maison avant d’y revenir une trentaine de minutes plus tard. Le corps de la grand-mère avait été découvert quelque temps après, gisant sur son lit dans une mare de sang. L’autopsie confirmera que « death was due to chop wound at the head ». L’arme du crime avait été retrouvée sur les lieux.
Appelé à la barre des témoins, Louis Kennedy Thérèse a présenté ses excuses à la cour ce matin, disant grandement regretter ce qui s’est passé. Dans sa plaidoirie, son homme de loi, Me Dayal, s’est attardé sur les circonstances entourant le drame, indiquant que l’accusé souffrait de troubles mentaux au moment du délit et que, par la suite, il n’avait pas cessé d’exprimer des remords pour ce qui s’est passé. « The purpose of custodial sentence is to rehabilitate, to deter any other crime », devait-il soutenir.
Me Dayal a demandé à la cour de faire preuve d’indulgence en considérant le fait qu’il ne peut être traité comme une personne normale. Mais l’avocat de la Poursuite, Me Bhoyroo, a, lui, fait ressortir qu’une personne avait été tuée dans des conditions dramatiques par nul autre que son petit-fils. « He was well aware of what he was doing. The court should take into account the seriousness of the offence », a-t-il plaidé. La sentence sera connue le 15 octobre.