Le procès intenté à Sanjeev Nunkoo pour complicité dans le meurtre d’Hélène Lam Po Tang se poursuit avec l’audition des témoins de la Poursuite. L’ASP Luciano Gerard, l’enquêteur principal dans cette affaire, a été appelé à la barre des témoins. Il a fait lecture des trois dépositions de l’accusé dans lesquelles il revient sur les événements précédant la découverte du cadavre d’Hélène Lam Po Tang à son domicile le 15 octobre 2010 et incrimine l’époux de la victime. « Gary (l’époux de la victime, Ndlr) ti promett pou donn mwa Rs 500 000 pou debaras lekor la », avait-il confié à la police.
L’ASP Luciano Gerard a confirmé à la Cour ce matin que, selon les renseignements obtenus auprès du Passport and Immigration Office (PIO), Gary Lam Po Tang avait quitté le pays le 10 octobre 2010 pour rentrer le 16 octobre, soit le lendemain du meurtre de son épouse. La soeur de la victime ainsi que son beau-frère étaient les dernières personnes à avoir vu Hélène Lam Po Tang avant sa mort. L’ancien Assistant Production Manager de Lam Po Tang, Sanjeev Nunkoo, avait consigné trois dépositions à la police, la première étant datée du 11 novembre 2010. Il y expliquait que le mari d’Hélène Lam Po Tang l’avait appelé à plusieurs reprises quelques jours avant pour lui demander d’accomplir un travail pour lui. « Le 12 octobre 2010, Gary m’avait appelé et m’avait demandé d’aller jeter un coup d’oeil dans les rues près de chez lui. Il m’avait donné le numéro d’un certain Ah Kim, par SMS, et m’avait dit de prendre contact avec lui. Le 14 octobre 2010, j’ai quitté le travail tôt et Gary m’avait dit d’appeler chez lui. Quelqu’un a décroché, mais n’a pas parlé. Ce jour-là, je suis allé au Caudan pour retirer de l’argent et par la suite je suis allé au casino. Quelque temps après, Gary m’a appelé de nouveau pour me demander si j’étais passé chez lui. Je suis alors allé à Jumbo Riche-Terre pour acheter un couteau, je suis passé chez les Lam Po Tang et j’ai jeté le couteau dans la cour. Le lendemain, je me suis à nouveau rendu chez les Lam Po Tang. Gary m’avait demandé de téléphoner et de me faire passer pour Kevin Bramer. C’est un homme qui a répondu. Il m’a dit de passer prendre un colis. »
Selon sa version, la porte était entrouverte et, entrant dans la maison, il était tombé sur le dénommé Ah-Kim. Une discussion aurait éclaté entre eux car Sanjeev Nunkoo refusait de se débarrasser du cadavre. « Mo finn pran kouto ki ti akote lekor-la e mo finn menas li ar sa ek monn sove. Lor sime monn zet kouto la kot pon Colville », a-t-il déclaré à la police. Dans une deuxième déposition, l’accusé est revenu sur certaines omissions. Il avait raconté que l’époux de la victime l’avait appelé le 12 octobre alors qu’il était à l’usine. C’est la réceptionniste Peggy qui lui aurait passé l’appel, Gary Lam Po Tang lui promettant de lui donner Rs 500 000 pour se débarrasser du corps de sa femme. « Li ti dir mwa touy so madam. Mo ti refize ek mo finn gayn diskisyon ar li. » À ce stade du procès, la Poursuite devait demander à l’ASP Gerard de lire la déposition de la dénommée Peggy. La défense est tout de suite revenue à la charge, avançant qu’elle ignorait qu’une déposition de la réceptionniste avait été consignée, ce document ne figurant pas dans ceux qui lui avaient été communiqués par le bureau du DPP. L’ASP Gerard ne se souvenant plus s’il y avait une déposition de Peggy, il a demandé à consulter le dossier. La défense a alors logé une motion demandant que la police communique toutes les dépositions des personnes enregistrées dans le cadre de l’enquête.
Vikash Ramessur, du Forensic Science Laboratory, a également déposé ce matin. Il était présent sur les lieux du crime pour identifier les objets qui devaient être analysés. Lors de son contre-interrogatoire, mené par Me Rama Valayden, le témoin a été confronté au fait qu’un tapis sur lequel se trouvait du sang n’avait pas été envoyé au FSL pour y être examiné. Rappelons que Sanjeev Nunkoo a été le premier suspect arrêté après l’assassinat d’Hélène Lam Po Tang, épouse de Gary Lam Po Tang, PDG d’une usine qui porte son nom. Le suspect était initialement poursuivi sous une charge d’assassinat. Cependant, en juillet 2014, le Directeur des Poursuites publiques (DPP), Me Satyajit Boolell, avait décidé d’initier le procès contre Sanjeev Nunkoo sous un acte d’accusation de “aiding and abeiting the author of a crime”, soit d’avoir aidé une autre personne à causer la mort d’Hélène Lam Po Tang. Le couple Lam Po Tang, dont la fille est établie à l’étranger, habitait Avenue des Roses, Morcellement Swan, Baie-du-Tombeau. Le corps de la victime de 61 ans avait été découvert le 15 octobre 2010 dans sa maison par son beau-frère et sa soeur. L’autopsie effectuée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin avait révélé qu’Hélène Lam Po Tang avait eu le corps lardé de plus de 30 coups d’une arme tranchante.