Dharma Juggiah, accusé du meurtre de Louis David La Providence, un maçon de 31 ans, en 2010, a comparu aux Assises ce matin. Ce dernier a plaidé coupable sous une charge réduite de “wilfully and unlawfully inflicted wounds and blows causing death without intention to kill”. Le juge Benjamin Marie Joseph rendra sa sentence ultérieurement.
Lors de la séance de ce matin, des officiers de police et des officiers du Forensic Science Laboratory (FSL), assignés comme témoins, sont venus confirmer les documents relatifs à l’enquête qui ont été présentés en Cour. L’inspecteur de police Mohesh, de la CID, est quant à lui venu lire les trois dépositions consignées par l’accusé à la CID de Rose-Belle après son arrestation. Dans sa première déposition, l’accusé, âgé d’une cinquantaine d’années, admet avoir poignardé Louis David Laprovidence après une discussion tournant autour d’une somme d’argent que l’accusé ne voulait pas lui prêter. Dharma Juggiah explique ainsi que, le jour des faits allégués, il était parti tenter sa chance au casino Pallagames, à Rose-Belle. L’accusé serait sorti du casino dans l’après-midi avec une somme d’argent importante. Il avait alors décidé de « fêter ça » en allant consommer de l’alcool dans un bar. En chemin, il avait rencontré la victime, à qui il avait demandé de se joindre à lui. Alors qu’ils discutaient, la victime lui aurait demandé une somme de Rs 200, ce qu’il aurait refusé. La victime aurait commencé à l’injurier et lui aurait assené des coups au visage. Dans un moment de colère, l’accusé aurait alors commis l’irréparable en retirant le cutter qui se trouvait dans sa poche pour le planter dans la poitrine de la victime. Tout de suite après, l’accusé, regrettant son geste, aurait alors détruit son arme avant de la jeter. Selon l’accusé, deux témoins ayant assisté à la scène se seraient jetés sur lui pour le tabasser. C’est finalement à l’hôpital, où il se faisait soigner, qu’il aurait appris la mort de Louis David Laprovidence.
Selon l’autopsie du Dr Sudesh Kumar Gungadin, le chef du service médico-légal de la police, le décès serait dû à un « stab wound to the heart ».
Appelé dans le box des accusés, Dharma Juggiah a dit regretter son geste avant de présenter ses excuses à toutes les personnes concernées ainsi qu’à la société. Dans sa plaidoirie, le représentant de la poursuite, Me Pravind Harrah, a réclamé une peine de 12 ans de prison, et ce en prenant exemple sur plusieurs cas similaires. Me Neelkanth Dullo, l’homme de loi de l’accusé, a demandé pour sa part une sentence moindre, expliquant que l’accusé avait coopéré avec la police, avait plaidé coupable de la charge portée contre lui et avait dit en cour regretter son geste. Le juge Benjamin Marie Joseph, qui a présidé ce procès aux Assises, a réservé son verdict à une date ultérieure. À noter que l’accusé a déjà passé 1 561 jours en détention.